Référendum et citoyenneté

Marois embêtée par ses volte-face

Première publication 23 août 2012 à 11h08
Par Marianne White | Agence QMI

Pauline Marois s'est retrouvée sur la défensive jeudi à cause de son changement de cap sur deux enjeux de taille pour le PQ: les référendums d'initiative populaire et la citoyenneté québécoise.

La chef du PQ a précisé, après le face-à-face à TVA mercredi contre François Legault, que si 850 000 personnes, soit 15% de la population, demandent par un référendum d'initiative populaire qu'un référendum sur la souveraineté soit tenu, le gouvernement péquiste ne sera pas obligé d'y donner suite.

Elle a réaffirmé sa volonté ferme jeudi matin de laisser le contrôle de l'agenda référendaire entre ses mains. «Ce sera un référendum consultatif et ce sera à l'Assemblée nationale de prendre la décision finale. C'est tout ce que j'ai à dire là-dessus ce matin», a dit Mme Marois.

Elle s'est défendue d'avoir changé d'avis, soutenant que sa position avait toujours été la même.

Cependant, en conférence de presse en février dernier, la chef du PQ avait affirmé que les référendums d'initiative populaire (RIP) proposés entre autres par Bernard Drainville seraient «exécutoires».

«Ça devrait être, à mon point de vue, exécutoire», avait dit la chef du PQ le 15 février dernier lors d'un point de presse à l'Assemblée nationale.

Mme Marois a indiqué jeudi qu'au moins 15% de la population, soit 850 000 personnes, devraient signer un registre dans toutes les régions du Québec pour que le gouvernement donne suite, s'il le désire, à toute initiative populaire de référendum.

Elle a soutenu que cela n'engageait pas la population, mais que ça mettait «de la pression» sur le gouvernement.

Citoyenneté québécoise

La chef du PQ a aussi été contrainte jeudi de rajuster le tir sur la nécessité de connaître le français pour se présenter à un poste électif.

Mme Marois avait affirmé mardi que sous un gouvernement péquiste les anglophones, allophones et autochtones ne pourraient pas être candidats aux élections municipales et provinciales s'ils ne maîtrisent pas «assez bien» le français.

Mme Marois était allée plus loin que son parti dans le passé, soutenant que tous ceux qui n'ont pas une bonne connaissance du français ne pourraient se présenter, qu'ils soient nouvellement arrivés ou établis au Québec depuis longtemps.

Dans un communiqué émis mercredi, le Parti québécois corrige le tir en affirmant que s'il prend le pouvoir, il déposera le projet de loi sur la citoyenneté québécoise tel que présenté pour la première fois en 2007.

La chef du PQ a affirmé là aussi qu'elle n'avait pas changé d'idée, mais qu'elle avait été mal interprétée. «Ça n'a pas changé. C'était une interprétation erronée de la loi que nous avons déposée», a dit la chef péquiste, refusant de dire si c'était elle qui avait commis l'erreur ou si elle visait les médias.

Elle a rappelé que la citoyenneté québécoise serait automatiquement accordée à tous les citoyens du Québec au moment de l'adoption de la loi, incluant les autochtones et les anglophones de souche. Cela leur permettra de briguer les suffrages.

Afin d'obtenir leur citoyenneté, les nouveaux arrivants devront démontrer une connaissance appropriée du Québec et de la langue française.

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