Le couperet Legault

Hydro-Québec et la Caisse de dépôt seraient sur la sellette

Première publication 24 août 2012 à 05h41
Par Jean-Luc Lavallée | Agence QMI

Les PDG d'Hydro-Québec et de la Caisse de dépôt et placement devront atteindre les objectifs de François Legault s'il devient premier ministre. Sinon, ils perdront leur emploi, a-t-il prévenu.

M. Legault ne tolérera aucune entrave au «grand ménage» qu'il entend réaliser dans la bureaucratie québécoise. Les dirigeants des sociétés d'État n'auront qu'à bien se tenir si la CAQ va au pouvoir. Il a directement ciblé Thierry Vandal et Michael Sabia, en entrevue éditoriale au Journal de Québec.

Michael Sabia, PDG de Caisse de dépôt et placement (Agence QMI)

«Si M. Vandal n'est pas prêt à couper 600 millions $ (chez Hydro-Québec) et si M. Sabia (à la Caisse de dépôt) n'est pas prêt à augmenter à 25 % les participations dans les compagnies québécoises, il va y avoir un changement», a-t-il laissé tomber.

«Je n'annonce pas une purge, mais, en même temps, si on veut faire des changements au Québec, il y a une dizaine de postes clés; il y a quatre ou cinq sous-ministres qui sont importants, puis quatre, cinq présidents de sociétés d'État. Soit ils acceptent notre plan ou on met quelqu'un d'autre.»

M. Legault croit beaucoup à l'imputabilité. «Ça ne me dérange pas de payer plus cher les dirigeants de sociétés d'État, mais ils vont être imputables. S'ils ne livrent pas la marchandise, ils vont perdre leur job.»

S'attaquer à Hydro-Québec

Selon François Legault, il est prioritaire de «s'attaquer à Hydro-Québec», qu'il compare à un «État dans l'État», et de couper 600 millions sur 2,6 milliards de dépenses. «C'est raisonnable et je connais même des gens qui sont prêts à prendre cette job-là», a-t-il largué, prévenant de nouveau Thierry Vandal qu'il est assis sur un siège éjectable.

Thierry Vandal, PDG d'Hydro-Québec, sur un siège éjectable selon François Legault. (Agence QMI)

La CAQ veut abolir 4 000 postes sur 23 000 chez Hydro-Québec. Par attrition. Personne ne va perdre son emploi, insiste-t-il. Mais les 19 000 autres vont inévitablement se répartir leurs tâches, admet M. Legault. «Il y a du travail qui se fait par deux ou trois personnes qui pourrait être fait par une personne. Il y a trop de bureaucratie et le nombre de cadres est trop élevé», dit-il, évoquant un «problème d'efficacité».

Appui d'ex-dirigeants

Il confie avoir consulté d'ex-dirigeants d'Hydro-Québec pour la confection de son programme. Et ils sont «tous d'accord pour dire qu'il y a au moins de 4 000 à 6 000 employés de trop chez Hydro-Québec», a-t-il soutenu.

Quant à Michael Sabia, il se souvient de lui avoir parlé de son souhait de préserver les sièges sociaux avec une minorité de blocage de 34%.

«Il m'a répondu: "Ça coûterait 20 milliards et je ne pense pas que ça soit une bonne idée" Donc, s'il ne change pas d'idée, on va avoir un petit problème...», a évoqué M. Legault, qui doit dévoiler vendredi ses engagements pour la région de Québec.

 
 
 
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