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Une cinquantaine de parents, enfants et intervenants ont profité de la période électorale, samedi après-midi, à Montréal, pour sensibiliser les partis politiques aux troubles envahissants du comportement (TED), notamment l'autisme, dont le nombre de cas ne cesse d'augmenter au Québec.
Réunies devant les bureaux du premier ministre Jean Charest sur l'avenue McGill College, les quelques dizaines de personnes présentes ont fait de ce rassemblement un événement festif et familial alors qu'ils frappaient leurs tambourins en scandant plusieurs slogans revendicateurs.
Organisée par Autisme et troubles envahissants du développement Montréal (ATEDM), le rassemblement avait pour objectif de demander au prochain gouvernement élu de réévaluer les services offerts aux familles de personnes atteintes de TED en les adaptant aux différentes formes de troubles et ce, autant pour les enfants que les adultes.
«En plus de nous donner peu de services, les services qu'on nous donne ne sont pas suffisants, et surtout, ils ne sont pas adaptés, a fait savoir Carmen Lahaie, présidente de l'ATEDM. L'autisme est mal connu, il y a différents types de troubles envahissants du développement aussi. Les besoins sont différents pour chacun.»
Carole Cloutier, une mère de famille dont les deux enfants, Valérie, 16 ans et Jérémie, 15 ans, sont atteints de différentes formes d'autisme, déplore elle aussi le manque de ressources pour les parents.
«Je me bats sans cesse, je suis épuisée. Les parents d'enfants autistes sont fatigués», a indiqué Mme Cloutier qui préfère ne pas travailler afin de pouvoir s'occuper de ses enfants à temps plein.
«Il faut que le gouvernement change sa manière de faire les choses. On veut garder nos enfants avec nous, mais on a besoin de moyens pour s'en occuper», a-t-elle ajouté, visiblement découragée par la situation.
De son côté, Alby de Bara, une artiste dont l'enfant de 13 ans est atteint d'autisme, était présente avec son garçon. La femme s'est même rendue au Sénégal afin de faire une étude sur l'autisme pour examiner les services offerts dans ce pays.
Elle est aussi la fondatrice de l'organisme «Je suis enfant et autiste» pour permettre aux enfants de s'épanouir malgré leur trouble de développement.
Mme de Bara affirme avoir eu recours à des services privés pour combler les besoins de son jeune garçon, malgré les coûts dispendieux de tels traitements.
Malgré les ressources qui continuent de diminuer, les statistiques, elles, n'ont pas cessé de croître dans la province.
En 2011, le nombre de personnes atteintes d'autisme était évalué à 7000, contrairement à 1600 en 2003.
Dans le réseau scolaire, il y a eu une augmentation de 271 % d'élèves autistes entre 2002-2003 et 2010-2011.
Dans certains cas, des patients attendent pendant plus de deux ans pour obtenir un diagnostic d'autisme ou d'un TED.
«Il y a beaucoup trop de bureaucratie dans l'accès aux services et dans le processus du diagnostic, et c'est pour cette raison qu'on se bat et qu'on fait du bruit aujourd'hui», a indiqué la présidente d' ATEDM.
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