Québec 2012

Lisée provoque un débat improvisé avec Legault

Première publication 29 août 2012 à 12h30
Mise à jour : 29 août 2012 à 19h41
Par Jean-Luc Lavallée | Agence QMI

Le candidat péquiste Jean-François Lisée s'est imposé dans une activité de campagne de la CAQ, mercredi. Il a provoqué un mini-débat avec François Legault en le confrontant devant des gens d'affaires.

Ce type d'intervention est tout à fait inhabituel en pleine campagne électorale. M. Lisée, dont la présence avait d'abord suscité quelques blagues inoffensives dans la petite salle, ne s'est pas contenté d'un simple rôle d'observateur. Il a poussé l'audace en interpelant directement le chef de la CAQ à la fin de son allocution devant la Chambre de commerce de l'Est de Montréal.

L'ancien conseiller de Jacques Parizeau et de Lucien Bouchard a même été le premier à se pointer au micro (bien que la période de questions soit ouverte seulement aux gens d'affaires). Il lui a reproché de prioriser le développement du train de banlieue au détriment du prolongement de la ligne bleue dans l'Est. Il a déploré que M. Legault remette en question un consensus de 82 maires dans la région métropolitaine.

«Vous avez déclaré récemment que ce ne serait pas pour vous une priorité. J'aimerais ça que vous changiez d'avis là-dessus», lui a-t-il balancé, rappelant que le consensus était « très large » et que les rames de métro sont même déjà commandées.

Soulignant que M. Lisée «trouve facilement les micros», M. Legault a riposté en attaquant le Parti québécois qui «dit oui à tout le monde», citant en exemple les étudiants, les garderies et le métro. «Nous, on s'en va de façon responsable faire le ménage. Tous les projets d'infrastructures vont être examinés et ils vont être mis dans l'ordre. Je n'ai jamais dit non au métro. Ce que j'ai dit, c'est que le train [de l'Est] coûte moins cher que le métro. Donc il faut y aller dans l'ordre des priorités», a répliqué le chef caquiste.

Hôpital Maisonneuve-Rosemont

M. Lisée, qui va tenter de succéder à Louise Beaudoin dans Rosemont, a également montré du doigt le Dr Barrette, qui a déjà annoncé son appui à plusieurs projets d'expansion ou de rénovation dans des hôpitaux sans toutefois s'engager concernant l'hôpital Maisonneuve-Rosemont, qui a besoin d'une «mise à niveau indispensable», a-t-il exposé.

«Là, je ne sais pas...est-ce que c'est un débat? Je pensais que j'en avais déjà eu trois débats incluant avec Mme Marois , a lâché M. Legault. Pour ce qui est de l'hôpital Maisonneuve-Rosemont, le Dr Barrette y a travaillé. Encore là, on va suivre les priorités, mais on va le faire en respectant les finances publiques. On va arrêter d'utiliser la carte de crédit de nos enfants et faire ce que fait Mme Marois actuellement, dire oui à tout le monde de façon irresponsable.»

Lisée justifie sa présence

M. Lisée a fait savoir qu'il a payé son billet pour assister au déjeuner-conférence. Il s'est défendu d'être en mission commandée. Il est venu de son propre chef, a-t-il indiqué, ajoutant qu'il n'avait pas besoin de l'autorisation de Pauline Marois pour «défendre les gens de Rosemont».

«Moi, j'ai l'intention de bien représenter les gens de l'Est de Montréal, de Rosemont, je suis venu voir celui qui sera peut-être le chef de l'opposition et je suis venu voir ce qu'il a à dire et il a confirmé que les consensus qui ont été faits pour l'Est de Montréal, pour lui, ce n'est pas important», s'est-il justifié lorsque les journalistes l'ont suivi à l'extérieur de la salle.

François Legault a filé en coup de vent après cet accrochage en public qui a suscité un certain malaise dans l'auditoire. Questionné sur le «manque de tact» de M. Lisée qui est venu lui porter ombrage, il a simplement échappé à la va-vite que «les péquistes sont désespérés».

Un sophiste «en manque de tribune»

Plus tard, en après-midi, le chef caquiste a été beaucoup plus loquace et plus cinglant à l'endroit du candidat vedette du PQ, jugeant qu'il est «en manque de tribune» parce que sa chef «ne lui en donne probablement pas assez».

«M. Lisée est un spécialiste des débats. Je l'ai déjà qualifié de sophiste. Une journée, il serait capable de défendre une chose et le lendemain, exactement le contraire puis il serait aussi bon d'un côté comme de l'autre.»

 
 
 
Accueil | Actualité | International | Sport | Argent | Vidéo
Questions, réactions ou problèmes techniques ? Contactez-nous.