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François Legault a accepté le verdict des électeurs «avec humilité». Il se dit maintenant «prêt à collaborer» avec le gouvernement minoritaire de Pauline Marois mais pas à n'importe quel prix. Il y a beaucoup de «si»...
Pas question de tolérer le «statu quo», a fait savoir le chef de la Coalition avenir Québec qui sera à la tête d'un groupe de 19 députés formant la deuxième opposition à l'Assemblée nationale. Un virage «urgent» s'impose, a-t-il martelé.
«Mme Marois ne pourra pas faire tout ce qu'elle veut. Nous allons collaborer si elle accepte de faire des changements nécessaires dès maintenant au Québec», a déclaré le chef de la CAQ en anglais, mercredi, lors d'un point de presse à Montréal au lendemain de l'élection du PQ.
Le changement de ton était toutefois perceptible. Pendant la campagne, François Legault avait prévenu les électeurs qu'il n'hésiterait pas à faire tomber un gouvernement minoritaire du Parti québécois à la première occasion. «Je ne serai pas patient», avait-il déclaré. Aujourd'hui, il dit vouloir prendre les dossiers «un par un».
Il croit pouvoir s'entendre avec Mme Marois si elle s'attaque au taux de décrochage, au temps d'attente dans les hôpitaux, à l'intégrité de la fonction publique. «Nous allons la surveiller de près», a-t-il ajouté, évoquant des pistes de compromis sur d'autres enjeux.
Pas de problème en vue quant à l'ajout de places en garderie, le maintien à domicile des personnes âgées et l'abolition de la taxe santé (à condition que ça ne se fasse pas «au détriment de l'équilibre budgétaire»).
La CAQ s'arrime déjà avec le PQ sur les élections à date fixe ou encore le plafonnement des dons aux partis politiques à 100$ par personne.
Mais les droits de scolarité, sujet de discorde, seront au menu des prochaines confrontations. Pourrait-il faire tomber le gouvernement s'il y a mésentente au moment du prochain budget printanier, un «moment critique» pour reprendre son expression?
«Ce n'est pas notre premier choix, a-t-il répondu. Les gens s'attendent à ce que nous gardions en place le gouvernement pour un certain temps mais la balle est dans le camp de Mme Marois. Elle devra faire des compromis pour accommoder à la fois les libéraux et notre parti».
François Legault s'est dit à la fois «satisfait» et «déçu» du résultat de l'élection. «La victoire nous a échappé que par quelques points de pourcentage», a-t-il insisté. Le travail abattu par sa jeune formation en si peu de temps le rassure pour la suite.
«On existe depuis neuf mois. D'avoir été capable avec une très petite équipe de bâtir un parti politique, un programme, une équipe de candidats, une campagne électorale avec des autobus, je pense que c'est quand même exceptionnel. La Coalition vient de transformer le paysage politique avec une nouvelle dynamique et ça me permet d'être confiant dans l'avenir.»
«C'est important de noter qu'il y a une cinquantaine de comtés où on est arrivés deuxième», a-t-il renchéri. Les 19 députés de la CAQ, issus de 8 différentes régions, se réuniront jeudi à Québec pour leur premier caucus.
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