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C’est l’information qui a été confirmée, en fin de journée vendredi, par la directrice générale du CSSS de la Haute-Côte-Nord, Micheline Anctil.
« C’est inacceptable et lorsque la situation a été connue, nous avons immédiatement rencontré le personnel visé pour que cesse cette pratique », a expliqué Mme Anctil, qui n’a pas tenté de cacher le manque d’éthique dont a fait preuve son personnel au début de la vaccination, à la fin du mois d’octobre.
La DG a toutefois tenté d’amoindrir le geste fait par le personnel infirmier, en mentionnant que, depuis le début de la vaccination, les CSSS doivent sans cesse s’ajuster.
« Le 29 octobre, nous devions recevoir tous les vaccins pour la population, et le 2 novembre, nous avons su que nous ne recevrions qu’un certain nombre de doses, les infirmières ont cru qu’elles pourraient vacciner leurs familles entre ces deux dates », a-t-elle mentionné.
Selon la directrice générale du CSSS, les noms de deux infirmières, qui ont pris les précieux vaccins pour les apporter chez elles, ont été confirmés, mais, selon une source qui désire garder l’anonymat, on fait plutôt état d’une dizaine de personnes qui auraient profité du système. « Alice Gauthier, directrice responsable de la pandémie, a été rencontrée, et des avis verbaux sévères ont été donnés », a mentionné Mme Anctil, en avouant que la situation était tout à fait regrettable.
« C’est une question d’éthique. Les gens se font virer de bord parce qu’ils ne font pas partie du groupe cible, et pendant ce temps-là, le vaccin est distribué aux familles des gens qui travaillent dans le domaine de la santé! » se sont insurgés les gens à qui nous avons parlé, qui nous ont également mentionné que l’affaire faisait jaser « fort sur la Côte-Nord ».
Du côté de l’Agence de la santé et des services sociaux de la Côte-Nord, la coordonnatrice régionale de la sécurité civile-mission santé, Sandra Morin, n’a pas non plus nié l’information lorsque la question lui a été posée.
« Je savais que les familles du personnel avaient été vaccinées, mais je ne savais pas que des fioles étaient sorties, et ça, c’est inacceptable », a dit Sandra Morin, qui est rattachée à l’agence.
Elle nous a d’ailleurs confirmé qu’une enquête avait été demandée, hier en fin d’après-midi. Une demande faite par le sous-ministre.
« On va faire l’enquête, à la demande du cabinet, mais, de toute façon, nous l’aurions fait quand même pour savoir exactement ce qui s’est passé », a-t-elle fait savoir.
Situation inacceptable pour le ministre Bolduc
Mis au fait de la situation sur la Côte-Nord, le ministre de la Santé, Yves Bolduc, a qualifié la situation « d'inacceptable ».
C’est du moins ce que nous a mentionné Marie-Ève Bédard, l’attachée de presse du ministre de la Santé, lorsque informée des passe-droits que se sont accordés certaines infirmières du CSSS de la Haute-Côte-Nord.
« Si l’information que vous avez est véridique, le ministre trouve que c’est tout à fait inacceptable comme situation », a-t-elle fait savoir, en spécifiant aussi qu’une enquête interne sera instaurée par le sous-ministre, et que ce n’est qu’à ce moment que la véritable position du ministre sera connue.
« L’enquête servira à faire la lumière sur cette situation pour savoir où chaque fiole est allée », a-t-elle mentionné.
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