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Un bar de Sherbrooke exige de ses employés qu’ils fassent la promotion de l’établissement sur des sites de médias sociaux, dont Facebook, soulevant des questions chez certains experts.
Dans un courriel envoyé aux 120 employés le 30 décembre et dont TVA Nouvelles a obtenu copie, il est écrit que ces derniers «doivent obligatoirement se joindre au groupe Facebook officiel du Living Room» afin d’y inviter leurs contacts et amis. La direction les enjoint à s’inscrire «d’ici 48 heures».
Le courriel stipule que les horaires pour l’année 2010 seront fonction de «l’implication hebdomadaire (des employés)» sur des sites de réseaux sociaux et qu’un «suivi sera fait par la direction».
Le directeur des opérations et de la mise en marché du Living Room, Karim Hamrouni, confirme que les employés ont l’obligation de fréquenter ces sites.
Selon lui, le message a été bien reçu de la part des employés du bar ayant pignon sur rue dans le centre-ville, d’autant que «tout le monde a un ordinateur chez lui ou presque», constate-t-il.
M. Hamrouni fait du reste valoir que campagne de publicité sur la page officielle, où l’on trouve des renseignements sur les promotions de la maison et les DJ invités, profite à tous.
«Ça augmente leurs revenus, leurs pourboires aussi. Pour nous, c'est un moyen très, très, très efficace et économique», explique-t-il.
Pratique contestée
Renforcer l’obligation pour les employés de prendre part à des activités promotionnelles en dehors de leurs heures de travail soulève de nombreuses questions.
Le professeur en gestion des ressources humaines à l’Université de Sherbrooke, Jean Trudel, estime que la direction du Living Room ne s’y prend peut-être pas de la bonne manière.
«Le ton me semble un petit peu menaçant, constate-t-il. On leur dit, on leur ordonne de faire ça. Moi, ça m'apparaît légèrement malhabile comme approche.»
La Commission des normes du travail (CNT) se questionne pour sa part sur la légalité d’une telle politique.
«C'est un peu démesuré en fonction de ce qui peut être exigé par l'employeur au niveau du cadre du travail», a laissé tomber Me Robert Rivest, avocat à la CNT.
Jusqu'à présent, 1428 personnes ont joint le groupe du Living Room. Plusieurs autres bars et boîtes de nuit ont recours aux plateformes de socialisation pour élargir la clientèle et façonner leur image de marque.
(TVA Nouvelles)
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