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D'après le directeur du capital humain de la Ville de Montréal, Jean-Yves Hinse, le syndicat des cols bleus (local 301 du SCFP) cache depuis quatre ans les rapports financiers du régime d'assurances collectives des quelque 5000 cols bleus qui travaillent pour la Ville.
Contrairement à la plupart des régimes d'assurances collectives, celui des cols bleus est géré par le syndicat et non par l'employeur, qui y verse pourtant 1670 dollars par année pour chaque employé. Cette police d'assurance couvre l'achat de médicaments, les soins dentaires et autres traitements comme la massothérapie, la chiropractie, etc.
«Malgré nos demandes répétées depuis quatre ans, les cols bleus refusent systématiquement de nous montrer les chiffres», explique le directeur du capital humain à la Ville de Montréal, Jean-Yves Hinse.
Argent des contribuables
La Ville n'a donc aucune garantie que les 5 millions qu'elle verse directement au Syndicat des cols bleus regroupés de Montréal chaque année sont bel et bien versés à la police d'assurance.
«Où va l'argent des contribuables? J'ose espérer que l'ensemble de la somme est consacré au régime d'assurances des cols bleus, mais je n'en ai aucune garantie», - Jean-Yves Hinse |
En conséquence, la Ville entend donc demander officiellement au syndicat de récupérer la gestion de cette police d'assurance. «Nous leur avions dit : ou bien on a les chiffres ou bien on cesse le versement des sommes pour les assurances collectives. C'est l'une des demandes que l'on va déposer, mais encore faudrait-il qu'ils restent assis devant nous plus de 15 minutes. On n'a pas eu le temps de rien déposer encore», déplore le haut fonctionnaire.
Selon lui, le syndicat des cols bleus est le seul à refuser de collaborer avec la Ville, même si d'autres syndicats, comme celui des cols blancs ou celui des policiers, sont aussi titulaires de leur régime d'assurances collectives.
Réunion houleuse
La Ville espérait obtenir enfin les chiffres du régime d'assurances mardi dernier lors d'une rencontre de conciliation, mais cette réunion a été de courte durée. Elle s'est soldée par des insultes lancées par les représentants syndicaux à leurs vis-à-vis patronaux.
«Je ne peux pas vous dire ce qu'ils nous ont dit. On est habitués avec ce syndicat. Mais disons que là, ça a dépassé les bornes», a indiqué M. Hinse, qui a demandé au conciliateur Stéphane Giraldo d'intervenir pour s'assurer que la prochaine séance se déroule «dans le respect».
«On a informé le conciliateur que ça doit changer. Nous lui avons demandé de faire un rapport au ministre du Travail. Et nous lui avons signifié que nous avions besoin d'une garantie que ce genre d'événements allait cesser, faute de quoi nous ne reviendrons pas à la table. Nous sommes là pour négocier une convention collective, pas pour se faire insulter.»
(TVA Nouvelles d’après Le Journal de Montréal)
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