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Placé sous les feux de la rampe depuis une série de reportages sur les chantiers de construction de la Côte-Nord, Bernard Gauthier a nié en bloc les allégations de violence et d’intimidation pesant sur lui lors d’une entrevue accordée au Vrai Négociateur Claude Poirier.
«Je n’ai jamais fait de menaces, je n’ai pas besoin de faire ça», a répété le représentant du local 791 des opérateurs de machinerie lourde à Sept-Îles, affilié à la FTQ-Construction.
Bernard Gauthier a dû se défendre après que des travailleurs se sont plaints de discrimination et d’intimidation. Plusieurs employés ont par ailleurs indiqué sous le couvert de l’anonymat avoir été contraints d’«entrer dans les rangs» pour conserver leur emploi.
Questionné à propos d’un échange téléphonique enregistré à son insu dans lequel il prévient son interlocuteur de garder le silence sans quoi il allait le frapper, celui que les syndiqués surnomment «Rambo» propose sa propre interprétation.
«La conversation a été prise hors contexte, s’est-il désolé. L'individu venait de dire à un de mes gars: amène-le ton Rambo, de toute façon il va se faire tirer. Quand quelqu'un me dit que je vais me faire tirer, j'ai de la misère avec mes réactions. J'ai appelé et je lui ai dit: je m'arrange pour te faire crisser ça dans les dents. Ça peut vouloir dire aussi, je vais te poursuivre.»
Selon lui, son surnom et sa carrure n’ont pas aidé sa cause. «Ce sont les médias qui m’ont qualifié ‘d’homme fort’», a souligné M. Gauthier, ajoutant qu’il était d’abord et avant tout un «gars d’équipe» soucieux de la santé et du bien-être de ses ouvriers.
Bernard Gauthier est formel: jamais il n’a été, dans le cadre de ses fonctions de représentant pour la FTQ-Construction, l’objet d’une enquête policière pour des allégations de violence. Il admet cependant qu’un entrepreneur de la Côte-Nord a déjà porté plainte contre lui, sans en détailler les circonstances.
Gauthier a aussi laissé entendre que ce n'était pas son travail de répondre des actes de ses membres. «Jouer aux cartes, prendre un coup puis se geler la face sur les chantiers, ça a toujours existé, et ça va toujours exister. C'est pas des enfants d'école qui travaillent sur la construction».
Employeurs satisfaits, employés terrifiés
De l’avis de nombreux travailleurs sillonnant les chantiers de la Côte-Nord, Bernard Gauthier a instauré un «régime de terreur» où il s’est accaparé le contrôle de l’embauche et du placement.
Des déclarations sans fondement, a tonné le chef du local 791. «Les pères de famille de la Côte-Nord ont tous le droit de travailler», a-t-il dit, ajoutant que des travailleurs de toute appartenance syndicale étaient au travail sur la Côte-Nord.
Cependant, il est vrai que des employés ont été renvoyés, a admis M. Gauthier, mais cela n’avait rien à voir avec leur affiliation. «Je leur ai dit d’aller se perfectionner et de suivre des thérapies parce qu’il y en a qui avait des problèmes d’alcool et de drogue», a-t-il nuancé.
Le chef syndical reconnaît que de nombreux employeurs l’approchent pour combler leurs besoins en main-d’œuvre, qu’il s’agit d’une pratique étant monnaie courante.
«On leur garantit une main-d’œuvre qualifiée et fiable», s’est-il défendu. Dans la mesure du possible, le travail est donné aux gens de la région, a précisé Bernard Gauthier, même si «ça ne se fait pas toujours dans la délicatesse (pour les employés de l’extérieur)».
De toute façon, rappelle M. Gauthier, les employeurs sont libres ou non de transiger par le local 791. S’ils le font, c’est qu’ils sont satisfaits du service, selon lui. «Je leur garantis la meilleure main-d’œuvre possible pour (qu’ils) rentrent dans leur échéancier et dans leurs budgets.»
Vendredi, le président de la FTQ, Michel Arsenault, a indiqué par voie de communiqué que la «paix industrielle» régnait sur les chantiers de la Côte-Nord et que son organisation ne tolèrerait pas les «comportements répréhensibles».
(TVA Nouvelles)
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