Chantiers de construction

La FTQ blâme la CSN

Première publication 12 mars 2010 à 13h57
Mise à jour : 12 mars 2010 à 14h39
La FTQ blâme la CSN

Les accusations de violence, d'intimidation et de monopole formulées contre la FTQ-Construction de la Côte-Nord seraient l'œuvre de concurrents amers, a déclaré à l'émission Mongrain le président de la FTQ, Michel Arsenault.

«Moi, je pense que ceux qui critiquent n'ont pas été capables d'avoir assez de votes au dernier maraudage. Et là, ils voudraient rentrer par la bande sur les chantiers», a-t-il laissé tomber, en faisant allusion à la CSN, une centrale rivale.

Le patron de la FTQ a dû défendre la position dominante occupée par la FTQ dans la région de la Côte-Nord, une situation qu'il attribue à la qualité de ses travailleurs. Ceux-ci adhèrent en masse à la FTQ et y restent, année après année, parce que «nous faisons du bon travail», a-t-il expliqué, en améliorant les conditions de travail et en fournissant une caisse de retraite. Il a répété ces propos en entrevue avec Pierre Bruneau au TVA 18h.

Par conséquent, «les premiers à travailler sur les chantiers sont affiliés à la FTQ parce qu'on représente la vaste majorité des travailleurs», a-t-il laissé tomber, ajoutant que la centrale se faisait un devoir de donner du travail aux gens de la région. Malgré tout, les chantiers de Sept-Îles et de La Romaine ne sont pas fermés aux autres ouvriers, a-t-il soutenu.

En entrevue avec Pierre Bruneau, Michel Arsenault a réitéré son appui à Michel Bezeau et Bernard Gauthier.

Plus tôt cette semaine, des voix se sont élevées pour réclamer de Québec la création d'un organisme indépendant pour s'occuper du placement des travailleurs de la construction sur les différents chantiers de la province.

Pas de violence

Le grand patron de la FTQ s'est porté à la défense de Bernard «Rambo» Gauthier, sur qui pèsent des allégations d'intimidation. «Ces gens-là (comme Gauthier) ont leur langage à eux», a enchaîné M. Arsenault, en faisant référence à l'extrait d'une conversation téléphonique.

Selon lui, il faudrait écouter la conversation dans sa version intégrale avant de conclure que Gauthier s'est montré menaçant.

La FTQ a dénoncé la violence et le taxage sur les chantiers et continuera de le faire, a conclu le président. Mais, a prévenu Michel Arsenault, les personnes soupçonnées ont le droit à la présomption d'innocence, au même titre que tous les citoyens.

Et à ceux qui se disent l'objet d'un mauvais traitement sur les chantiers, M. Arsenault les invite à se plaindre à la Commission de la construction du Québec (CCQ) et à la Sûreté du Québec.

Le chef syndical ne croit pas que des ouvriers puissent être contraints au silence par crainte de représailles. «C'est un mythe, que les gens ont peur», a-t-il affirmé.

La CSN réplique

La présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, a répliqué aux accusations de la FTQ. En plus des propos tenus à Mongrain par le président Michel Arseneault, d'autres accusations sont venues de Bernard Gauthier du local 791 des opérateurs de machinerie lourde à Sept-Îles. Monsieur Gauthier, surnommé Rambo, en entrevue au Vrai négociateur, a accusé la CSN de mener une campagne de salissage depuis au moins six ans contre lui et le local 791.

En guise de réponse, la présidente de la CSN a déclaré ce midi à TVA Nouvelles «qu'il ne faut pas inverser les rôles... et que l'ensemble des plaintes (pour intimidation et menaces sur la Côte-Nord) n'originaient pas de la CSN».

Claudette Carbonneau a «salué le courage des travailleurs qui, dans un contexte extrêmement difficile, ont décidé de porter plainte».

D'après madame Carbonneau,les plaintes déposées sont sur le point d'être déclarées fondées par la Commission de la construction du Québec, qui les étudie.

(TVA Nouvelles)

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