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Alors que seulement cinq églises catholiques dans le diocèse de Montréal étaient en vente il y a deux ans, une trentaine sont dorénavant sur le marché, souvent au rabais, et ne parviennent pas à trouver preneur. Prix demandé : entre 300 000 $ et 1 M$.
Désuètes, abandonnées, désertées, ces églises manquent d'argent et le diocèse n’a plus les moyens de les financer.
« Nous avons offert à Hydro-Québec de les payer avec des prières, mais ça n’a pas fonctionné », ironise le porte-parole du diocèse de Montréal, Richard Saint-Louis, en entrevue téléphonique, mercredi.
Plus sérieusement, il admet que plusieurs paroissiens ont abandonné leur pratique religieuse occasionnant une baisse de revenu au moment même où les coûts d’entretien et de chauffage ne cessent de grimper.
« Nous devons verser des salaires aux curés, secrétaires, et autres employés et entretenir le bâtiment avec les offrandes dominicales, la dîme, les funérailles et les dons. S’il y a moins de gens, il y a nécessairement moins d’argent pour assurer la survie de l’église ».
D’un air optimiste, il précise toutefois que ce ne sont pas toutes les églises qui doivent tirer le diable par la queue. « Dans certains endroits, c’est vrai qu’il n’y a que 80 personnes le dimanche. Par contre, ailleurs, il y a 1500 à 2000 personnes par dimanche. C’est le cas à la paroisse de Ste-Colette dans Montréal-Nord qui a fait un léger surplus de 10 000$ à la fin de l’année ».
Des paroisses dans le trou
Selon les données recueillies auprès de l’archevêché, près de la moitié des 222 paroisses du diocèse de Montréal, qui dessert l'île de Montréal, Laval et la Rive Nord jusqu'à Saint-Sulpice, à l’est de Repentigny, sont déficitaires.
Devant une baisse considérable des fidèles et des paroissiens, pas moins de 80 églises auraient trouvé preneurs depuis les 20 dernières années, à l’occasion à des prix dérisoires. « Nous avons vendu une église 250 000$ alors que le terrain et le bâtiment étaient évalués à 2 M$ », déclare M. Saint-Louis.
Ce dernier précise que les acheteurs «religieux» sont notamment l'Église baptiste, l’Église anglicane et l’Église protestante. « Nous souhaitons vendre à des organismes religieux ou à des groupes communautaires. Les sectes (au nombre de 800 au Québec) ne pourraient pas en faire l’acquisition».
Mais il y a aussi ces églises au caractère architectural unique qui ont été transformées en condominiums, comme ce fût le cas avec celle de Saint-Jean-de-la-Croix, située aux coins Saint-Zotique et Saint-Laurent.
Mentionnons que le profit de la vente des églises est retourné au Fonds d'entraide de l'archevêché de Montréal pour, entre autres, subvenir aux besoins des autres temples religieux qui sont sous respirateur artificiel.
Des églises délabrées
Ces églises mises en vente seraient dans un « piètre état », confirme un architecte spécialisé dans le domaine des cultes religieux à travers le monde.
Stéphane Tardif de la firme Atlantech, à Lachenaie, a procédé à l’inspection de plusieurs des temples actuellement à vendre dans le grand Montréal. Son bilan est alarmant. « Certaines églises nécessitent des travaux majeurs, et ce, rapidement. Il y a d’importantes infiltrations d’eau, une présence inquiétante de moisissure, des toits à refaire et la liste s’allonge».
Cet architecte, qui possède une expertise particulière avec ces monuments de culte pour en avoir visité un peu partout, refuse cependant de lancer la pierre aux prêtres. « Des curés, aidés de bénévoles, ont tenté de faire de petites réparations, mais ce n’est pas parce que tu as de la bonne volonté que tu réaliseras un bon travail ».
Selon lui, il coûterait aujourd’hui plus de 25M$ pour construire certaines de ces églises où le marbre est omniprésent et des œuvres d’art centenaires ornent les murs et les plafonds.
(QMI)
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