Autobus entre l'aéroport et le centre-ville

Les taxis écopent

Première publication 29 avril 2010 à 21h16
Les taxis écopent
Crédit photo : Agence QMI
Un mois jour pour jour après la mise en place de la ligne d’autobus directe 747 entre l’aéroport Montréal-Trudeau et le centre-ville de Montréal, certains chauffeurs de taxi calculent avoir subi des pertes de revenus de 2000 $, une situation qui en a d’ailleurs poussé plusieurs à quitter le métier.

Jeudi, au poste de taxi Montréal-Trudeau, un des plus achalandés de la métropole, les protestations contre la ligne 747 étaient nombreuses. Il n’a fallu que 15 minutes pour trouver une dizaine de chauffeurs qui ont, sans exception, fait valoir leur impuissance face à l’autobus, moins cher que leur mode de transport, et qui accueille plus de passagers à la fois.

Alors qu’ils facturent un tarif fixe de 38 $ pour aller au centre-ville, il en coûte 7 $ pour faire le même trajet dans l’autobus. En multipliant ce tarif au nombre de voyages perdus et au nombre de jours travaillés, certains chauffeurs évaluent leurs pertes à 2000 $, ce qui représente 15 % de leurs revenus bruts mensuels.

«On a en moyenne, deux à trois voyages en moins par jour, ce qui équivaut entre 80 $ à 120 $ de pertes financières par jour», fulmine Huguette Innocent, propriétaire chez Taxi Diamond, qui travaille six jours par semaine.

D’après Édouard Jean-Jacques, qui travaille pour la même compagnie, 70 % de la clientèle aéroportuaire se rend au centre-ville et 30 % d’entre eux prennent dorénavant l’autobus 747. «Vous imaginez», peste-t-il.

Son collègue Walid Ghorayeb, aussi dernière son volant six jours par semaine, dit pour sa part perdre deux voyages par jour, «minimum», ce qui équivaut à 80 $ en moins quotidiennement et 1000 $, mensuellement.

Bien que l’avènement de la ligne 747 ne soit pas le seul obstacle auquel sont confrontés les chauffeurs de taxi, le président-directeur général de Taxi Hochelaga, Dori Saliba, calcule qu’entre 25 % et 35 % de ses 1100 chauffeurs ont jeté la serviette au cours du dernier mois, faute d’être rentables.

Afin de survivre, certains sont forcés de faire des journées plus longues pour arriver à générer les mêmes revenus qu’auparavant. «J’avais l’habitude de travailler 12 ou 13 heures par jour, mais j’en fais maintenant 15 à 16. C’est le temps passé avec ma famille qui écope», s’attriste Joseph Kfoury, un chauffeur indépendant.

En plus de ça, ils devront désormais conjuguer avec la nouvelle taxe sur l’essence de 1,5 cent le litre qui entrera en vigueur le 1er mai.

La Société de Transport de Montréal (STM), qui avait d’abord évalué 1 000 déplacements par jour pour son service de navette en a calculé plutôt presque 2000, «un succès», au cours de son premier mois d’existence.

(Agence QMI)

 
 
 
 
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