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La mère d’un enfant autiste de six ans qui s’est noyé en 2007, au lac Saint-Joseph, réclame 280 000$ à la Ville de L’Ancienne-Lorette pour avoir «failli à son devoir de surveillance».
Johanne Beaupré s’appuie essentiellement sur le rapport du coroner Pierre Samson qui a conclu à une «mort évitable», en 2008. Son petit garçon, Lucas, était inscrit dans un camp de jour offert et supervisé par la municipalité. Le fameux camp offrait surtout un «programme de soutien à la participation de l’enfant présentant une déficience», ce qui l’a mise en confiance.
La demanderesse précise dans sa requête que Lucas nécessitait une attention constante. Or, «la monitrice-accompagnatrice assignée à Lucas, le 25 juillet 2007, n’a pas été informée par ses supérieurs du lieu et de la nature de l’activité prévue. Aussi, (elle) n’avait pas son maillot de bain (et) n’a pas été informée par ses supérieurs des caractéristiques propres à Lucas ni de la façon dont elle devait en assurer la supervision», peut-on lire dans le document judiciaire.
«Les responsables du camp de jour étaient avisés que Lucas ne savait pas nager et qu’il devait porter une veste de sauvetage, ce qui n’a jamais été évoqué lors de cette journée», ajoute-t-on. L’enfant ne portait pas le t-shirt orange du camp, ni de gilet de sauvetage lorsqu’il s’est dirigé au lac vers 11h. Quarante-cinq minutes plus tard, la monitrice a réalisé que l’enfant qu’elle suivait des yeux près des jeux aquatiques n’était pas Lucas.
L’enquête du coroner a révélé que l’alerte a été donnée vers 12h30. L’enfant s’est donc noyé sans que personne ne se rende compte de son absence. Il a été retrouvé environ deux heures après le début de la baignade (vers 13h) par un sauveteur au fond du lac, à 13 pieds sous un trampoline. Les manœuvres de réanimation ont été vaines et son décès a été constaté à 15h51 à son arrivée au CHUL.
Grave dépression
La mort de son enfant a fait sombrer Johanne Beaupré dans une grave dépression. Elle a dû s’absenter de son travail et vient à peine de recommencer à temps plein, après plusieurs tentatives de retour graduel. Elle réclame 280 000$ pour les frais funéraires, les frais médicaux occasionnés par sa dépression, la perte de salaire, les dommages-intérêts exemplaires et des dommages compensatoires pour solatium doloris (consolation de la douleur).
«Tant la demanderesse que Thomas, le grand frère de Lucas, ont dû vivre un deuil prolongé, prématuré et évitable de Lucas. Les droits à la vie, à l’intégrité et au secours de Lucas ont été bafoués », selon la requête introductive d’instance.
Il n’a pas été possible de joindre le maire de L’Ancienne-Lorette, aujourd’hui en fin de journée.
(Agence QMI)
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