Montréal

Le retour des poules pondeuses en ville

Première publication 28 juillet 2010 à 09h38
Le retour des poules pondeuses en ville

Un collectif réclame que Montréal se mette à la page au même titre que de grands centres urbains tels que New York, Chicago et Seattle en légalisant l’élevage résidentiel de poules pondeuses.

Le Collectif en aménagement paysager et en agriculture urbaine durable (CRAPAUD) lance d’ailleurs mercredi la pétition mapouleamontreal.com afin de demander à Montréal de réintroduire la poule pondeuse en ville qui est interdite depuis les années 1960.

« On préconise un nombre limité de poules qui respecte la vie urbaine, les voisins et les normes de salubrité, pas des poulaillers industriels en ville », insiste Éric Darier, directeur de Greenpeace qui appuie le CRAPAUD dans ses démarches.

« J’ignore s’il s’agit d’un bon animal de compagnie, mais la poule produit quelque chose de fabuleux et même votre chien n’en fait pas autant! », s’exclame Maxime St-Denis, porte-parole de CRAPAUD, se référant aux œufs frais qu’elle procure.

Il appartient aux arrondissements de faire respecter le règlement selon Valérie Degagné, porte-parole de la Ville. « Ce n’est évidemment pas l’idéal dans un quartier résidentiel », précise-t-elle.

Un animal pratique

Une poule pondeuse produit en moyenne 300 œufs par année, une aubaine considérant qu’elle coûte seulement 10 $ à acquérir au stade adulte et 1,50 $ par poussin.

« Une cage à double fond, un distributeur d’eau et de la moulée et le tour est joué », mentionne Daniel Simetin, propriétaire du Couvoir Simetin à Mirabel en précisant que l’entretien de poules est simple.

Idéalement, précise-t-il, il est préférable de parsemer le poulailler de copeaux de bois plutôt que de paille. « Cela absorbe l’humidité et c’est plus hygiénique », ajoute-t-il.

M. Simetin vante, pour sa part, l’intelligence de ces oiseaux de basse-cour. « C’est un vrai chien de poche, elle te suit partout. Honnêtement, la poule brune, particulièrement, est brillante ».

Bien que cela soit interdit à Montréal, on retrouve déjà des poules pondeuses dans la métropole.

« À chaque jour, elles pondent un œuf », raconte Luc (nom fictif) qui possède 2 poulettes en plein cœur du Plateau Mont-Royal.

Il les loge dans un poulailler à l’extérieur au grand plaisir de ses jeunes voisins. Avant l’hiver, elles retournent chez le fermier où elles peuvent jouir d’une demeure isolée et chauffée.

On peut se procurer facilement une poule pondeuse dans un couvoir ou chez un particulier. On peut même en trouver en ligne sur Kijiji.

Janina May a d’ailleurs récemment vendu par l’entremise de ce site de petites annonces une poulette à un Montréalais qui s’était fait manger la sienne par un chat. La femme de Lavaltrie loge une dizaine d’entre elles dans son écurie pour consommation personnelle.

« Elles sont si gentilles. Je ne comprends pas pourquoi la Ville de Montréal les interdit. C’est moins pire qu’un chien, cela ne fait pas de bruit », dit-elle. Au Canada, Niagara Falls et Victoria sont des villes qui ont craqué pour les poules urbaines. À Laval, on tolère les poules s’il n'y a pas élevage formel et que cela ne nuit pas au voisinage. À Longueuil, les poulaillers sont interdits, sauf en zone agricole.

Le CRAPAUD en compagnie de fermiers, groupes environnementaux et quelques poulettes se réunissent à 10 h mercredi devant l’hôtel de ville de Montréal afin d’offrir un cours de « Poule 101 » et de sensibiliser le public sur le micro élevage de ces petits animaux en métropole.

(Agence QMI)

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