Hydravion disparu sur la Côte-Nord

Le corps du passager retrouvé

Première publication 6 septembre 2010 à 21h40
Mise à jour : 6 septembre 2010 à 23h25
Le corps du passager retrouvé
Crédit photo : Agence QMI
Le corps de Jacques Deschênes, le passager de l’hydravion disparu depuis le 26 août dernier, sur la Côte-Nord, a été retrouvé sur une berge du fleuve Saint-Laurent, dans le secteur de Cap-Chat, en Gaspésie, lundi après-midi.

Triste hasard, la funeste découverte a été faite par le même pêcheur qui avait localisé le corps du pilote Michel Vachon, trois jours plus tôt pratiquement à la même heure, vers 14 h 30.

Autre similitude, Jacques Deschênes avait ses pièces d’identité sur lui, tout comme ce fut le cas pour M. Vachon.

Au moment d’écrire ces lignes, dans l’attente d’une expertise sur la dépouille du pourvoyeur de Grandes-Bergeronnes en Haute-Côte-Nord, la Sûreté du Québec n’était pas en mesure de confirmer officiellement que ce deuxième corps repêché à Cap-Chat était bel et bien celui de M. Deschênes.

Mais des proches de la famille ont cependant confirmé que leur deuil pouvait véritablement commencer. Jointe au téléphone, Louise Tremblay, la conjointe de Jacques Deschênes était encore trop bouleversée pour émettre quelque commentaire que se soit.

Soulagement

« Louise est vraiment soulagée, elle voulait le retrouver. Rendu là, c’est tout ce qui importait », a expliqué Pascal Hovington, un ami de Jacques et proche de la famille Deschênes.

Également pilote d’hydravion, M. Hovington est l’un de ceux qui avaient participé au voyage de chasse au caribou qui s’est terminé par la perte de Michel Vachon et Jacques Deschênes. Ce jour-là, Hovington, qui était décollé de Baie-Comeau une heure plus tôt, a eu plus de chance que ses deux amis.

« Je pense que ça vient de boucler la boucle », a résumé M. Hovington. « On va au moins pouvoir le revoir pour la dernière fois et finir notre deuil », a-t-il dit.

Il ne reste maintenant plus qu’à retrouver la carlingue du Cessna 180K de Michel Vachon, qui repose toujours, fort probablement, dans les profondeurs du Saint-Laurent, près de Cap Colombier, où dès le début des recherches, des témoins ont affirmé avoir aperçu un appareil faire demi-tour à un moment qui coïncidait avec la disparition.

Compte tenu des derniers développements, Pascal Hovington est maintenant plus que jamais convaincu au sujet de la nature de la tragédie qui a emporté ses deux partenaires de chasse.

« Ce n’est pas compliqué, c’est un amerrissage qui a mal tourné, ça, j’en suis certain », croit-il. « Michel a essayé d’amerrir sur le fleuve, il faisait noir. Ç’a fessé sur l’eau. Le bout du flotteur a cassé, ils ont culbuté », illustre-t-il. « Je pense qu’ils sont sortis de la carlingue et qu’ils ont essayé de nager », estime M. Hovington. Ce dernier craint que la température de l’eau, qui se situe entre quatre et six degrés à cette période de l’année, n’ait eu rapidement raison de la vie de ses deux amis, dont les dépouilles étaient dépourvues de blessures apparentes.

En somme, M. Hovington espère que cette mésaventure servira de leçon à d’autres pilotes. « Ce n’est pas l’hydravion qui est le problème, ce sont les décisions », a-t-il souligné.

Les funérailles de Jacques Deschênes pourraient avoir lieu cette fin de semaine, selon des proches de la famille.

Ce n’est qu’une fois la carcasse du Cessna retrouvée que le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) entreprendra son enquête.

(Agence QMI)

 
 
 
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