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Privée de son enfant depuis 20 mois, Caroline Lachance, la mère de David Fortin, âgé de 16 ans, disparu depuis février 2009, a sollicité de nombreuses familles à faire identifier leurs enfants à Montréal, dimanche.
«Notre famille n’est pas détruite, mais démolie. J’ai jamais pensé que ça m’arriverait, surtout dans une petite région», confie Mme Lachance qui s’est déplacée d’Alma pour la journée d’identification d’Enfant-Retour, qui s’est déroulée dans plus de 150 succursales Jean-Coutu. Pour l’occasion, elle était accompagnée de son mari Éric Fortin et de sa fille de 14 ans, Marjorie.
Dans l’espoir de sensibiliser les familles, Mme Lachance s’est jointe à l’équipe d’Enfant-Retour à Montréal pour inciter les parents à remplir un carnet d’identité en cas d’urgence, avec une photo récente de l’enfant, des empreintes digitales ou empreintes des pieds ainsi que toute l’information pertinente.
«Vivre une tragédie comme ça, c’est difficile de continuer à vivre normalement après. Je ne souhaite pas ça à personne», affirme-t-elle.
David Fortin est porté disparu depuis le 10 février 2009, alors qu’il devait prendre l’autobus et qu’il ne s’est jamais rendu à l’école. «Mon garçon est très attachant, souriant, et il est peut-être différent. Il n’est pas attiré par les sports autant que les autres garçons de son âge. Il est plutôt artistique», décrit-elle.
Intimidation
À la suite d’aveux venant de ses collègues de classe, Mme Lachance a appris que son fils vivait dans un état de détresse. «Il n’a pas voulu m’en parler. Quelqu’un de sa classe voulait lui casser la gueule la journée avant la disparition», déclare-t-elle.
À son avis, l’établissement scolaire qu’il fréquentait, l’École secondaire Camille-Lavoie du Lac St-Jean, aurait dû agir avant que la situation ne dégénère.
«Il aurait fallu que des mesures soient prises pour le protéger. Rien de ça n’a été fait», indique-t-elle.
Jugements
Consciente de son rôle de mère, Mme Lachance avoue que dans les premiers temps, elle a eu peur d’être jugée.
«Avec ce que vivait mon fils, j’ai eu peur que des parents m’accusent de ne pas avoir agi correctement. Je pense que s’il y a quelqu’un qui oserait me critiquer par rapport à la situation, je lui demanderais de se mettre à ma place», exprime-t-elle.
Plusieurs scénarios tiennent la famille dans le doute. Que s’est-il passé ? «Est-ce qu’il est retenu par quelqu’un qui lui a fait un lavage de cerveau, ou il craint de revenir avant ses 18 ans, de peur d’être blâmé par les autorités?», s’interroge la mère.
«Face à un mur»
La dernière alerte remonte à cet été, alors qu’un individu très semblable à David avait été repéré à Sherbrooke.
«Pour les enquêtes à long terme, la priorité est mise sur les informations qui viennent de l’extérieur», affirme Daniel Rousseau, inspecteur-chef du SPVM.
«Présentement, on est face à un mur. Il n’y a plus d’infos qui rentrent, mais ce n’est pas aujourd’hui qu’on va baisser les bras», assure la mère de David.
Même si le temps est long et que la famille est constamment plongée dans l’incertitude, elle a toujours l’espoir de retrouver David.
(Agence QMI)
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