Montréal

Commerçant «harcelé» par Amir Khadir

Première publication 17 décembre 2010 à 05h18
Commerçant «harcelé» par Amir Khadir
Crédit photo : Journal de Montréal
Le député Amir Khadir, alors qu’il distribuait des tracts appelant au boycott d’une boutique de souliers de sa circonscription, samedi dernier.
Journal de Montréal

En pleine période de magasinage des Fêtes, un commerçant montréalais se dit harcelé par un groupe de manifestants anti-israéliens auquel s'associe son propre député, Amir Khadir, qui lui reproche de vendre quelques paires de souliers fabriqués en Israël.

Yves Archambault n'en revient toujours pas. Samedi dernier, son député provincial s'est pointé devant la boutique qu'il tient sur la rue Saint-Denis depuis 25 ans, non pas pour le saluer, mais pour inciter ses clients à le... boycotter.

Chaudement vêtu, Amir Khadir a manifesté pendant quelques heures aux côtés de son père, Amoudjafar, et de militants anti-israéliens, pour distribuer des tracts aux passants. Le député a poussé le zèle jusqu'à demander aux clients de ne pas entrer dans la boutique de souliers de M. Archambault.

Après les parcomètres, le député

«Ça m'horripile énormément», admet le commerçant, qui travaille dans sa boutique avec son épouse et ses enfants.

«Quand on sait que le commerce est difficile sur la rue Saint-Denis, que les parcomètres sont rendus à des prix bien trop élevés, M. Khadir devrait plutôt travailler à favoriser le commerce sur le Plateau au lieu de faire des conneries ridicules comme ça», rage-t-il.

Yves Archambault n'a pourtant rien d'un militant sioniste israélien. Son crime, aux yeux d'Amir Khadir et des organismes anti-israéliens, est de vendre quelques modèles de souliers d'une marque israélienne, parmi les centaines de souliers dans sa boutique.

«Moi et ma conjointe, on est apolitiques, même au Québec. On travaille 50, 60 heures par semaine habituellement. On n'a pas vraiment le temps de regarder ce qui se passe (en politique internationale)», fait-il remarquer.

«M. Khadir a dit aux passants qui essayaient d'entrer dans la boutique: 'Vous n'allez quand même pas entrer dans un commerce qui vend des produits israéliens?'»

Les manifestations devant son commerce ont commencé au mois d'octobre. C'est un petit groupe, nommé Palestiniens et Juifs unis (PAJU), qui les organise dans le cadre d'une campagne plus vaste, appelée Boycott Désengagement Sanctions (BSD).

«Depuis un mois environ, ils viennent à toutes les semaines. Ils viennent toujours le samedi, qui est notre plus grosse journée d'achalandage, et dans la plage horaire la plus achalandée, de 13 h à 15 h», déplore M. Archambault.

Refus d'explication

Le député de Mercier a refusé de répondre à nos questions pour expliquer sa présence devant ce commerce de son comté. Mais son attaché de presse, Christian Dubois, nous a indiqué que M. Khadir avait participé à cette manifestation, comme il le fait souvent. «Amir s'est rendu comme simple participant, comme il le fait pour plein de manifs dans l'année», a-t-il précisé.

Pourtant, selon le propriétaire de la boutique, le député prenait part activement à la manifestation.

«M. Khadir a dit aux passants qui essayaient d'entrer dans la boutique: 'Vous n'allez quand même pas entrer dans un commerce qui vend des produits israéliens?' Il ne leur demandait pas de ne pas acheter de produits israéliens; il leur demandait carrément de ne pas entrer dans notre commerce...»

 

 
 
 
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