Décès dans un centre pour aînés

L’intervention du coroner en chef réclamée

Première publication 13 avril 2011 à 14h47
Mise à jour : 13 avril 2011 à 17h50
L’intervention du coroner en chef réclamée
Crédit photo : Louis Plamondon, président de l'AQDR (Agence QMI)
Par Josianne Desjardins | Agence QMI

Craignant que le décès d'aînés soit provoqué par la négligence du personnel au Centre multivocationnel Claude-David de Repentigny, l'Association québécoise des droits pour les retraités (AQDR) demande l'intervention du coroner en chef pour déterminer les causes et les circonstances des décès qui y sont survenus depuis juillet 2010.

Louis Plamondon, président de l'AQDR, souligne que 15 décès ont été enregistrés en trois mois au Centre Claude-David et que le décès d'Eugène Parent le 5 juillet, un homme de 86 ans, doit faire l'objet d'une enquête du coroner.

Ce dernier spécifie que le coroner n'a pas été avisé de ce décès et que le Centre, spécialisé dans la réadaptation, « n'était pas équipé pour recevoir une clientèle lourde ». « Il y a eu plusieurs morts suspectes, et les lois doivent changer », proteste-t-il.

M. Plamondon considère aussi que le signalement des décès au Bureau du Coroner par les établissements d'aînés devrait être obligatoire, comme la Commission des droits de la personne l'a recommandé en janvier.

Un cas qui soulève des questions

Eugène Parent souffrait d'une rupture de l'intestin et l'infirmière de garde « n'a pas jugé bon de contacter le médecin de garde ni de le transférer à l'urgence », selon sa fille, Sylvie Parent.
Mme Parent raconte que son père a agonisé pendant toute la nuit avant de mourir.

«La veille, il s'est plaint de douleurs abdominales. Une infirmière auxiliaire lui a administré un narcotique. Il était anxieux parce que rien ne l'avait soulagé», précise-t-elle.

Des lacunes

Après quelques recherches, Mme Parent s'est rendu compte d'une série de lacunes dans l'organisation des services, comme le fait que son père n'avait pas signé le formulaire qui détermine le niveau d'intervention médicale demandé dans l'éventualité d'une urgence.

Ce dernier avait déjà été classé «niveau 3», ce qui exclut la possibilité de transférer le bénéficiaire à l'urgence, de l'intuber ou encore de le réanimer.

De plus, le père de Mme Parent n'a pas été vu par un médecin lorsqu'il a été transféré au Centre Claude-David, 20 jours avant son décès. Il avait alors subi des fractures à la hanche après avoir été frappé par des portes automatiques.

«Une infirmière m'a dit que le médecin n'était pas disponible un jour férié et lorsque j'ai demandé pourquoi il n'a pas été vu par un médecin de garde, je n'ai jamais eu la réponse», s'indigne-t-elle.
D'ailleurs, le président de l'AQDR juge qu'«avec des établissements inadéquats comme le Centre Claude-David, il y a un risque de banaliser la mort d'aînés hébergés».

L'AQDR entreprend aussi des démarches avec la famille de Bill Czerniakewycz pour élucider son décès le 11 mars «après s'être étouffé avec un morceau de pain» au Centre Claude-David et où «le personnel ne disposait pas de l'équipement nécessaire pour dégager sa trachée».

Appelé à réagir sur le sujet, le coroner en chef, Me Gilles Éthier, n'a pas retourné les appels de 24H au moment d'écrire ses lignes.

(Photo TVA Nouvelles)

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