Incendie à Boisbriand

L'eau n'était pas gratuite

Première publication 9 août 2011 à 05h29
Mise à jour : 9 août 2011 à 13h25
L'eau n'était pas gratuite
Crédit photo : Agence QMI
Par Caroline D'astous | Journal de Montréal

Exaspérée par l'attitude de la communauté juive de son territoire, qui refuse de payer la taxe d'eau qui lui est imposée, la Ville de Boisbriand a décidé de lui facturer l'eau que ses pompiers ont utilisée, la semaine dernière, pour éteindre un incendie.

«C'est la Ville qui a fourni l'eau, explique la mairesse de Boisbriand, Marlene Cordato. Et le réseau d'aqueduc de la communauté juive est entièrement privé», fait-elle valoir.

Depuis plusieurs années, Boisbriand impose une taxe sur l'utilisation de l'eau à l'ensemble de ses citoyens.

Direct de l'aqueduc

L'eau qui approvisionne les bornes-fontaines de la ville provient directement de l'aqueduc municipal, alors que celle des bornes-fontaines de la communauté juive passe d'abord par le compteur d'eau communautaire situé à l'entrée du domaine juif, en retrait de la municipalité.

Cette réalité fait en sorte que les congrégations juives de Boisbriand refusent de payer la taxe d'eau qui leur est imposée et ce, malgré trois jugements les obligeant à le faire.

Au début du mois, un incendie a éclaté sur le territoire de la communauté juive.

Le feu a jeté 18 familles à la rue. Même si l'eau a cette fois servi à éteindre le brasier, Boisbriand refuse de l'offrir gratuitement. Selon un conseiller de l'opposition, Mario Lavallée, la facture pourrait atteindre quelque 5 000 $.

Réseau privé

La position de la Ville a mis le feu aux poudres au sein de la communauté juive, qui accuse Boisbriand de faire preuve d'injustice.

«Comment se fait-il que toute l'eau qui ait été utilisée soit chargée à la communauté?, a questionné Max Liberman, porte-parole de la communauté, lors d'une séance du conseil. Pourquoi permettez-vous qu'une telle injustice se poursuive?»

M. Liberman déplore que la communauté ait à payer pour l'eau utilisée lors de cet incendie, alors que l'eau n'est pas facturée aux propriétaires des maisons qui subissent un incendie, ailleurs sur le territoire de Boisbriand.

Compteur d'eau

La Ville admet que cette situation est problématique.

«C'est vrai que les citoyens des maisons incendiées n'ont pas à payer pour l'utilisation de l'eau, car ils s'approvisionnent au sein du réseau d'aqueduc public», explique la mairesse Cordato.

La communauté juive laisse plutôt entendre que la municipalité est entêtée, dans ce dossier.

«La Ville refuse de mettre des compteurs d'eau individuels sur les maisons de la communauté, dit Max Lieberman. Tant que la situation va perdurer, il n'est pas question pour nous de payer la facture de la taxe d'eau.»

L'entente sur l'utilisation de l'eau entre Boisbriand et la communauté juive date de 1960.

Les discussions sont au point mort quant à la possibilité que la Ville administre le réseau d'aqueduc de la communauté.

Une saga qui traîne en longueur

Depuis 2005, les dix congrégations de la communauté juive hassidique de Boisbriand refusent de payer la taxe d'eau.

Depuis 2007, la Ville a obtenu trois jugements demandant à la communauté de payer la facture, qui s'élève à 1 353 141,75$.

La partie défenderesse a choisi d'en appeler de la décision de la Cour du Québec, en date du 28 avril.

Le 5 juillet dernier, la Ville a décidé de s'opposer à cet appel. La décision du juge est toujours attendue.

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