Sept-Îles

Une possible pouponnière de baleines dans la voie maritime

Première publication 10 août 2012 à 19h36
Une possible pouponnière de baleines dans la voie maritime
Crédit photo : gracieuseté CERSI
Par Vincent Breton | Agence QMI

Une baleine et son petit, un veau, nagent actuellement dans la baie de Sept-Îles. Cela fait plusieurs années qu'un tel phénomène se produit.

«Après quatre ans d'observation, je pourrais dire qu'il y a peut-être une pouponnière de baleine dans la voie maritime», a déclaré Anik Boileau, comportementaliste au Centre d'éducation et de recherche de Sept-Îles (CERSI).

Elle se réjouit du phénomène, mais s'inquiète aussi que ce soit à l'endroit où il y a le plus de trafic maritime.
La spécialiste du comportement des animaux marins a expliqué que ces mammifères pourraient être attirés par le bruit.

Étonnamment, la pollution sonore offrirait une bonne couverture contre les prédateurs. Les risques de collision avec les bateaux représentent tout de même un autre danger important. Les baleines en viennent à développer une certaine accoutumance et elles sont moins attentives au trafic maritime.

Toujours la route des baleines

La route 138 sur la Côte-Nord peut toujours porter son nom de route des baleines. Même si certains pensent que ces animaux fuient le Saint-Laurent, les experts croient qu'une importante variété d'espèces peuple encore ces eaux.

«Le nombre d'individus varie tout le temps», a expliqué Richard Sears, de la Station de recherche des Îles Mingan.

Le biologiste qui suit les baleines depuis les années 80 a cependant noté que peu de ces animaux ont été vus cette année. Le mois d'août est généralement plus propice à l'observation des baleines. La localisation des mammifères marins change d'année en année.

Cependant, il observe, dans son secteur de la Côte-Nord, une hausse selon les espèces. «Dans les années 80, on voyait de 4 à 10 rorquals communs ou à bosse pour une bonne journée. Maintenant, on peut en voir de 20 à 50», a indiqué M. Sears. Le cas est différent pour les baleines bleues dont le nombre décroît au fil des ans, selon l'expert.

Le chercheur peine à expliquer de telles variations de population. «Il y a tellement de raisons que c'est difficile à dire pourquoi...», a-t-il avoué. Pour Anik Boileau, c'est essentiellement une question de nourriture.

 
 
 
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