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La loi 33, abolissant le placement syndical, n'a presque pas eu de conséquences concrètes dans les relations entre les syndicats et certains entrepreneurs de la Côte-Nord, selon le délégué syndical de la FTQ-Construction, Bernard Gauthier.
M. Gauthier clame que les syndicats sont les mieux placés pour référer des hommes sur les chantiers. «La CCQ [Commission de la construction du Québec] ne sera jamais capable de placer le bon monde à la bonne place», a lancé le coloré syndicaliste.
C'est d'ailleurs un avis partagé par l'un important constructeur de la région. «Je ne vois pas comment la CCQ peut suivre la parade, surtout avec la grève qu'il y a eu une partie de cet été...», a laissé tomber l'homme d'affaires.
«Rambo» Gauthier considère que la CCQ est complètement dépassée par l'ampleur de la tâche. Avec le boom de construction dans la région et les contraintes liées aux contrats, les délais deviennent trop importants en passant par la Commission, selon M. Gauthier.
Ce dernier ne cache pas que des entrepreneurs font directement affaire avec lui pour contourner la lenteur du processus. Cette vision est relativement partagée par l'entrepreneur rencontré. Ce dernier apporte cependant des nuances au sujet des tractations.
À son avis, les gens d'affaires des syndicats placent encore leurs hommes sur les chantiers sans que la demande se soit fait savoir. Il soutient toutefois que la manière de faire n'est plus comme avant. Selon lui, les gens d'affaires syndicaux sont «plus effacés, mais toujours présents».
Cet entrepreneur avoue qu'il n'a pas à se plaindre du comportement des syndicalistes ni du personnel qu'ils réfèrent.
L'agent d'affaires de la FTQ-Construction, Bernard «Rambo» Gauthier, prévient que le Plan Nord va «détruire la Côte-Nord».
«Des retombées, il n'y en a pas, calice», a clamé le syndicaliste. Il s'insurge contre le fait qu'il existe encore beaucoup de travailleurs de la région qui sont sans emploi, même en cette période de boom de construction. Non seulement de nombreux ouvriers ne travaillent pas, mais plusieurs entrepreneurs de la région sont sans contrats, selon Rambo.
Il prend en exemple deux des plus grands chantiers de la région, soit celui d'ArcelorMittal et de la Romaine. M. Gauthier prétend que dans le premier, on ne retrouve à peine que trois entrepreneurs importants sur la soixantaine qui y sont. À la Romaine, personne de la région n'a réussi à obtenir des contrats importants puisqu'ils se font éjecter par les plus gros joueurs.
«Il n'y en aurait pas de problèmes si les compagnies d'ici avaient les contrats. Là, elles font de la sous-sous-traitance», s'est indigné le syndicaliste.
Le célèbre agent d'affaires de la Côte-Nord est très mécontent que des travailleurs de l'extérieur viennent œuvrer dans la région. Même si cela est légal en vertu de la clause de mobilité provinciale de la convention collective, Bernard Gauthier croit que c'est anormal. «Il faut qu'on soit priorisé pour les jobs, a-t-il lancé. Il y a un esti de paquet de jeunes qui ne travaillent pas, mais qui le voudraient.»
C'est d'ailleurs une position partagée par la candidate péquiste, Lorraine Richard. «Il faut que les travailleurs de chez nous puissent travailler», a plaidé cette dernière.
Un des entrepreneurs les plus importants établis dans la région récemment clame pour sa part que si on retrouve de plus en plus d'ouvriers extérieurs sur les chantiers de la Côte-Nord, c'est en raison de l'épuisement des bassins.
«Tous les gars de la Côte travaillent, mais il y a tellement de demandes...», a avancé ce dernier.
Cet entrepreneur qui a préféré garder l'anonymat assure que plus de 80% de ces employés viennent d'ici. Les autres sont des cadres qui viennent de l'extérieur en raison de leur expertise.
L'homme d'affaires a aussi ajouté que si certains Nord-Côtiers ne travaillent pas, c'est peut-être en raison de leur manque de compétences. Un avis qui est partagé en partie par le délégué syndical de la FTQ.
Bernard Gauthier prône le fractionnement des contrats pour permettre aux personnes d'affaires régionales d'obtenir des offres intéressantes. Il admet toutefois que dans le cas du chantier de la Romaine, tout ne peut pas être divisé.
Cette nouvelle façon de faire est réclamée depuis longtemps par l'Association des gens d'affaires de la Minganie (AGAM). La députée sortante a aussi montré un penchant pour cette stratégie qui permettrait aux petits entrepreneurs régionaux de grandir et de faire travailler leurs employés.
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