Côte-Nord

L'érosion s'accentue à l'embouchure de la Sainte-Marguerite

Première publication 3 octobre 2012 à 20h19
L'érosion s'accentue à l'embouchure de la Sainte-Marguerite
Crédit photo : Agence QMI
L'érosion s'est accentuée à l'embouchure de la rivière Sainte-Marguerite, sur la Côte-Nord, entre 2008 et 2011, selon Hydro-Québec.
Par Vincent Breton | Agence QMI

L'érosion s'est accentuée à l'embouchure de la rivière Sainte-Marguerite, sur la Côte-Nord, entre 2008 et 2011, selon Hydro-Québec.

Plusieurs citoyens présents lundi au centre Marguerite n'ont pas caché leur mécontentement lors de la présentation des résultats de la vigie de la dynamique sédimentaire. Le représentant d'Environnement Illimité Inc., Stéphane Lorrain, s'est contenté d'expliquer où l'érosion est la plus forte.

Des citoyens présents, dont Alain Belle et le conseiller municipal Gervais Gagné, ont cependant jugé que la présentation était incomplète. «Qui va prendre en compte tous les éléments? Vous n'allez pas assez loin», s'est indigné M. Belle, qui aurait voulu qu'Hydro-Québec tienne compte des impacts liés aux différents barrages hydro-électriques installés sur la rivière.

Rôle de la centrale

C'est d'ailleurs un avis partagé par M. Gagné. «Le problème est dû à la centrale Sainte-Marguerite-3 (SM-3), à Hydro-Québec, a-t-il plaidé. On pensait avoir une solution. Les gens vont savoir qu'Hydro-Québec s'en lave les mains.»

Le représentant d'Hydro-Québec, Francis Bélisle, estime qu'il n'existe pas de «lien de cause à effet entre la présence de SM-3 et le problème d'érosion». Selon lui et Stéphane Lorrain, le phénomène d'effritement des berges est surtout dû à des forces naturelles.

M. Bélisle plaide qu'une série d'études sur l'érosion avaient été menées lors de la mise en service du barrage et que celles-ci valent toujours. Pour sa collègue, Françoise Trudel, la rencontre de lundi ne servait qu'à faire un suivi environnemental global. Elle soutient que la recherche de solutions n'incombe pas à son entreprise. Elle prétend que c'est à la Ville de Sept-Îles de prendre les mesures adéquates, si besoin est.

Le rapport préparé par Environnement Illimité Inc. note que la falaise de Gallix s'érode, principalement au centre et au sud. Le chenal a quant à lui continué de «s'encaisser» et de faire son chemin, tout en migrant vers la falaise de Gallix.

Coupables: grosses tempêtes

D'après le suivi photographique, les tempêtes majeures jouent le rôle le plus significatif dans l'érosion de la falaise. Les bancs de sable à l'extrémité de la flèche littorale s'étalent. Le régime fluvial, les marées et les vagues seraient ce qui régit le plus la dynamique à l'embouchure de la rivière Sainte-Marguerite.

Le rapport traite aussi des impacts de l'activité humaine sur les mouvements dans les estuaires. On y énumère une série d'activités comme la construction de rampe de mise à l'eau ou de ponts, l'enrochement, le déboisement et les activités de villégiature, mais jamais on ne mentionne de construction de barrage hydro-électrique.

Alain Belle est convaincu qu'il existe un lien entre les bouleversements de la rivière Sainte-Marguerite et les barrages en amont. Il recommande de comparer avec les rivières Moisie et Pentecôte pour se rendre compte de la différence causée par le harnachement des cours d'eau.

 
 
 
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