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De nombreux autobus scolaires ont transporté plus de 2000 personnes venant d'aussi loin que La Pocatière, Rivière-du-Loup, Rimouski, Témiscouata, Matane et de toute la Gaspésie à une manifestation samedi avant-midi pour dénoncer la réforme de l'assurance-emploi proposée par le gouvernement Harper.
Les manifestants du côté québécois ont déambulé, à pas lents, sur le tablier du pont J-C Van Horne qui enjambe la rivière Ristigouche entre Pointe-à-la-Croix et Campbellton, pour rallier d'autres manifestants situés du côté du Nouveau-Brunswick.
Plusieurs syndicats de l'Est du Québec, les députés néo-démocrates, Philip Toone de la Gaspésie, Yvon Godin d'Acadie-Bathurst, Guy Caron de Rimouski-Neigette-Témiscouata et François Lapointe de Montmagny-L'Islet-Kamouraska-Rivière-du-Loup participaient à la marche.
Tous en veulent contre les modifications proposées à l'assurance-emploi qui créeraient trois catégories de chômeurs et où les travailleurs saisonniers seraient tenus, après six semaines de chômage, d'accepter n'importe quel emploi à 70 % de leur salaire et à une heure de route de leur domicile.
Les chômeurs en veulent aussi contre la non-reconduction, en septembre 2012, du projet-pilote des cinq semaines supplémentaires, qui permettaient d'éviter aux travailleurs saisonniers une période creuse sans revenu.
La saga de l'assurance-emploi revient dans l'actualité de la région à tous les 10 à 15 ans. En 1996, sous le règne du gouvernement libéral de Jean Chrétien, plusieurs centaines de chômeurs du Québec et du Nouveau-Brunswick avaient tenu une pareille manifestation sur le pont Van Horne pour dénoncer les coupures à l'assurance-chômage.
Au début de l'été 2012, 10 000 personnes ont signé des pétitions contre la réforme.
Le préfet de la MRC Avignon et président de la Conférence régionale des élus de la Gaspésie, M. Bertrand Berger, a expliqué ainsi le cœur du problème.
«Nous avons ici une industrie qui est saisonnière et ce n'est pas la faute des travailleurs, c'est notre structure économique qui est faite comme ça. Que ce soit dans la pêche, la forêt ou le tourisme, nous avons une industrie qui est fondée sur les saisons [...] C'est ça le cœur du problème de la réforme de l'assurance-emploi. Ce ne sont pas uniquement les travailleurs qui sont attaqués, mais aussi toute l'industrie et toute notre économie qui sont attaquées.»
Le député de Gaspésie les Îles, Philip Toone, a bien illustré ces modifications: «Un homme de Carleton-sur-Mer s'est fait offrir un emploi dans une chaîne de restauration rapide à Gaspé. À titre d'information, Gaspé est situé à trois heures et demie de route de Carleton et un Madelinot s'est fait offrir en emploi à Bonaventure, soit à douze heures de route de chez lui, en plus du traversier à environ 50$ du passage.»
Le député de Rimouski-Neigette, Guy Caron, a pour sa part lancé un avertissement au député de Madawaska-Restigouche, Bernard Valcourt, ministre associé de la Défense nationale et ministre d'État (Agence de promotion économique du Canada atlantique).
«À Bernard Valcourt et aux autres députés conservateurs, nous leur disons qu'il ne reste que trois ans encore pour qu'ils puissent faire comprendre à leur gouvernement que la direction qu'ils ont est contre les intérêts de la population, contre les intérêts des régions. Sinon, en 2015 tout ce beau monde ira travailler à la maison et ils pourront collecter leur assurance-chômage.»
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