Manifestation violente à Montréal

Les étudiants critiquent les policiers

Première publication 26 avril 2012 à 14h04
Mise à jour : 26 avril 2012 à 17h03
Agence QMI

L'association étudiante qui a organisé la manifestation de mercredi soir, durant laquelle 85 personnes ont été arrêtées, a critiqué le travail de la police de Montréal.

L'Association facultaire étudiante de science politique et de droit de l'UQAM (AFESPED) reproche aux policiers d'avoir appliqué «une force excessive» durant la manifestation «avant même de déclarer celle-ci illégale», alors que quelques casseurs sévissaient.

«Si quelques méfaits ont pu être observés en marge de la manifestation, chose que l'AFESPED ne cautionne pas, nous sommes abasourdis par la réponse démesurée de la police», a affirmé Benoit Lépine, représentant à l'Association.

Selon l'AFESPED, les manifestants avaient «fortement hué et réprimandé» les actes de vandalisme commis. Il n'était donc pas nécessaire pour la police de s'en prendre à l'ensemble des protestataires qui étaient presque tous pacifiques.

Cette intervention policière aurait «pu mettre sérieusement en danger l'intégrité physique de tous les participants», selon l'Association.

Le chef de la police de Montréal, Marc Parent, a répliqué en disant qu'intervenir représente «un défi» lorsque des «provocateurs» veulent semer la zizanie.

Provocateurs

«On a 50 % des gens qui trouvent qu'on est intervenu trop rapidement et 50% qui trouvent qu'on n'est pas intervenu assez rapidement. C'est une question de perceptions. Hier, un minimum de 15 avis [de dispersion] ont été donnés», a dit le chef du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

«On a des provocateurs qui savent utiliser le groupe», a expliqué M. Parent qui a mentionné que certains manifestants veulent la confrontation et la violence. Il a précisé que les manifestants pacifiques doivent laisser les policiers arrêter les trouble-fêtes en quittant les lieux, lorsque des actes de vandalisme sont commis.

Il a ajouté que les casseurs planifient leurs gestes. «C'est gens là sont structurés», a-t-il affirmé.

Plus de 30% des manifestations se terminent par des actes illégaux, a souligné M. Parent.

«On est rendu à plus de 160 manifestations. C'est du jamais vu au Canada», a-t-il ajouté.

Bilan

Le Service de police de la Ville de Montréal a affirmé que 69 hommes et 16 femmes ont été arrêtés durant cette manifestation. Trois mineures font partie des personnes arrêtées.

Le porte-parole du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Ian Lafrenière, a indiqué que 70 des arrestations ont eu lieu lors de l'interpellation de groupe survenue vers 1h15. Il a rappelé que la manifestation avait été déclarée illégale à 22h15.

Par ailleurs, le SPVM a indiqué qu'une des personnes arrêtées mercredi avait aussi été interpellée la veille. «Il y a des gens qui sont des abonnés», a ajouté Ian Lafrenière.

Trois policiers ont été blessés légèrement. Deux citoyens ont aussi été incommodés par les irritants chimiques.

En entrevue sur les ondes de LCN jeudi matin, le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Léo Bureau-Blouin, a dit souhaiter que les manifestations se poursuivent de manière pacifique, en évitant le vandalisme et la violence.

«Je comprends qu'il y a beaucoup de frustration», a-t-il cependant ajouté.

«Je pense qu'il ne faut pas céder aux violences et plutôt opposer notre pacifisme à l'intransigeance du gouvernement du Québec. Nous continuons d'appeler au calme et je souhaite que les prochaines manifestations se déroulent mieux.»

 
 
 
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