
Le maire de Mascouche, Richard Marcotte, arrêté la semaine dernière et soupçonné par la police d'avoir été au coeur d'un stratagème de corruption, a décidé de rester chez lui lors de la prochaine assemblée du conseil municipal.
Vendredi dernier, à son retour de Cuba, où il avait passé une semaine de vacances, le maire avait annoncé vouloir siéger comme d'habitude, le 14 mai prochain. Mais depuis, il a changé d'idée.
Hier matin, il a envoyé une courte lettre au maire suppléant, Sylvain Picard.
Suite aux récents événements, je, Richard Marcotte, ai indiqué que je n'assisterai pas à la séance du Conseil municipal du 14 mai 2012. La séance sera présidée par le maire suppléant, monsieur Sylvain Picard», écrit-il.
«Toutes les opérations administratives se déroulent normalement, dans le plus grand respect du service au citoyen», conclut le maire.
Vendredi dernier, à son retour de Cuba, où il avait passé une semaine de vacances, le maire avait annoncé vouloir siéger comme d'habitude, le 14 mai prochain. Mais depuis, il a changé d'idée. (Photo archives Agence QMI)
En début de soirée, Sylvain Picard a affirmé au Journal de Montréal qu'il se dissociait complètement des propos du maire Marcotte. Visiblement irrité, le maire suppléant a expliqué qu'il aurait aimé que Richard Marcotte annonce qu'il se retire pour au moins trois mois.
«Il aurait pu nous en donner un peu plus et se retirer de celles (les séances) de juin et de juillet. Il fait quoi pour les citoyens?», a-t-il demandé.
La Loi autorise un élu municipal à se retirer du conseil pendant 90 jours sans qu'il perde son poste. Richard Marcotte s'était d'ailleurs prévalu de ce droit, en 2010, alors qu'il avait été la cible d'allégations d'irrégularités dans l'octroi de certains contrats.
Le retrait du maire pour la prochaine séance indispose aussi le conseiller Serge Hamelin. « J'aurais mieux aimé qu'il démissionne », a-t-il dit.
Richard Marcotte a été arrêté à la suite de l'opération Gravier, menée conjointement, la semaine dernière, par la Sûreté du Québec et l'Unité permanente anticorruption (UPAC).
La frappe policière a permis d'arrêter 14 autres personnes, dont le puissant homme d'affaires Tony Accurso.
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