Au Chaud lapin ferme ses portes

Des liens avec les Hells Angels?

Première publication 8 mai 2012 à 07h44
Des liens avec les Hells Angels?
Crédit photo : Journal de Montréal
Le populaire restaurant de l'avenue Mont-Royal fermera ses portes dans une semaine. Ainsi en a décidé son titulaire, Maxime Langlois, que la SQ soupçonne d'être un prête-nom pour le Hells Angels, Normand «Casper» Ouimet
Par Daniel Renaud | Journal de Montréal

On ne saura jamais si l'influent Hells Angels Normand Ouimet était le véritable propriétaire du restaurant Au Chaud lapin du Plateau Mont-Royal. Plutôt que d'en débattre devant la Régie des alcools hier, la direction de l'établissement a décidé de mettre la clé dans la porte.

Le populaire restaurant situé au 1279, de l'avenue Mont-Royal, qui était ouvert depuis 2008, fermera ses portes dans une semaine. Ainsi en a décidé son titulaire, Maxime Langlois, que la SQ soupçonne d'être un prête-nom pour le Hells Angels, Normand «Casper» Ouimet.

En janvier, la Régie des alcools a envoyé à M. Langlois un avis de convocation expliquant ses allégations.

Le document est passablement caviardé, mais en recoupant des informations publiques, on peut facilement mettre des noms sur des espaces vides.

Normand Normand Bourassa serait le bras droit de Normand Ouimet (notre photo) et aurait également fait l'objet de filature et d'écoute électronique durant l'enquête Diligence. (Photo archives Agence QMI)

Un certain Bourassa

Selon le document, l'enquête Diligence menée en 2008 par la SQ contre l'infiltration du Hells Angels Normand Ouimet dans le secteur de la maçonnerie a démontré que le restaurant appartiendrait en réalité à Charles Bourassa.

Ce dernier serait le bras droit de Normand Ouimet et aurait également fait l'objet de filature et d'écoute électronique durant l'enquête Diligence.

Bourassa, qui aurait investi de l'argent dans le restaurant, aurait été vu par les policiers, verrouillant et déverrouillant les portes du restaurant et achetant des matériaux pour des travaux de rénovation.

Les policiers l'ont également observé au restaurant en compagnie d'un autre accusé du projet Diligence, à savoir Robert Amato.

Bourassa a été condamné à sept ans de prison en 2001, dans le cadre du projet Chevalin et a été arrêté en mai 2010 pour trafic de cocaïne durant le projet Cabotin.

Lors d'une conversation captée par les policiers entre Casper et deux autres membres en règle des Hells Angels, le 16 mai 2008, Ouimet aurait raconté à ses compagnons avoir investi 400 000 $ dans un bar avec l'ancien propriétaire du restaurant, mais que ce dernier aurait vendu le bar sans lui dire.

En guise de paiement, Ouimet aurait alors pris possession du restaurant Au Chaud lapin, peut-on lire dans l'avis de convocation envoyé par la Régie.

Bail

Convoqué par les policiers de la police de Montréal en juillet 2010, le titulaire, Maxime Langlois, aurait admis que Casper Ouimet a déjà mangé dans le restaurant en compagnie de Charles Bourassa, que ce dernier s'y rendait régulièrement et avait cosigné le bail de location.

Enfin, le document indique également qu'un individu arrêté durant l'opération Carcan menée contre la relève des Hells Angels sur la Rive-Sud de Montréal à l'automne 2011, serait également impliqué financièrement dans l'établissement.

Rendre les armes

Pour toutes ces raisons, le contentieux de la Régie demandait à ce que les permis du restaurant soient révoqués.

Des enquêteurs de la police étaient prêts à témoigner, mais le titulaire a coupé court aux procédures en ne s'opposant pas à la révocation des permis.

«Maxime Langlois se dissocie de tout lien avec le crime organisé et remercie ses clients pour leur fidélité», a simplement déclaré l'avocat du restaurateur, Me Marc-Antoine Carette.

 
 
 
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