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Encore une fois mercredi, de nombreux citoyens de divers arrondissements à Montréal ont fait résonner leurs casseroles en guise de protestation contre la loi spéciale 78, qui resserre le droit de manifester.
Cette idée de François-Olivier Chené fait beaucoup de bruit depuis vendredi.
Le professeur de Sciences politiques au cégep ne s'attendait pas à ce succès lorsqu'il a créé l'évènement Facebook «Nos casseroles contre la loi spéciale», mais il l'espérait, a-t-il dit.
Le moyen de contestation des casseroles vient du Chili, à l'époque où le pays était sous la dictature d'Augusto Pinochet. «Bien sûr, on est loin d'être dans une dictature ici, mais cette loi fait un pas dans la mauvaise direction», a expliqué M. Chené. En 2009, le Figaro rapportait également que le «tintamarre des casseroles et des poêles à frire, chaque samedi devant le parlement, a fini par avoir raison du premier ministre islandais».
M. Chené a suivi à la télévision le débat sur le projet de loi spéciale déposé par le gouvernement libéral. «Au départ, le projet de loi ne permettait plus les rassemblements de plus de 10 personnes, a-t-il rappelé. Je me suis dit que nous serions une, deux ou trois personnes, chez soi, et nous cognerions sur nos casseroles pour que le mécontentement se fasse entendre malgré les limitations de la loi.»
«L'article 9 de la loi 78 donne à la ministre de l'Éducation des pouvoirs beaucoup trop grands pour une démocratie, a jugé M. Chené. Cette loi spéciale va bien au-delà d'être pour ou contre la hausse, pour ou contre une grève. Je voulais que ce mouvement-là réunisse le plus de gens possible.»
Manifestation au coin de Saint-denis et Beaubien le 22 mai 2012
En plus d'être une des premières tendances canadiennes sur Twitter, près de 11 000 personnes s'étaient inscrites à l'évènement Facebook, mardi. «Le mouvement est hors de mon contrôle maintenant. Je n'ai été que l'idéateur, mais j'ai vu qu'il semble bien implanté à Montréal. Je sais qu'à Saint-Hyacinthe, ça commence un peu, à Trois-Rivières, Sherbrooke et Québec.»
«Il y a deux écoles dans ce mouvement. Ceux qui, comme moi, cognent 15 minutes, à la «flash mob», entre 20 h et 20 h 15, a-t-il expliqué. Les autres trouvent que c'est beaucoup trop court. Je sais qu'au coin de Jarry et Saint-Denis, il y en a qui ont tapé jusqu'à 21 h 30, hier soir. Chacun reprend cette idée des casseroles et la vit à sa façon. Au final, je me demande si ça va me valoir une amende», a-t-il lancé, à la blague, en ajoutant que cela démontrerait bien l'absurdité de cette loi.
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