Conflit étudiant

Le Grand Prix du Canada sera-t-il perturbé?

Première publication 31 mai 2012 à 22h08
Mise à jour : 1 juin 2012 à 00h10
Le Grand Prix du Canada sera-t-il perturbé?
Crédit photo : Agence QMI
Le Grand Prix de Formule 1 du Canada en 2011.
Par Jean-Luc Lavallée | Agence QMI

La CLASSE est allée trop loin à la table de négociations, selon le premier ministre Jean Charest, en prononçant une «menace directe» à l'endroit du Grand Prix de F1 qui aura lieu à Montréal dans une semaine.

Même si le ton des discussions a généralement été «courtois et respectueux» dans les quatre derniers jours avant que les négociations ne soient rompues, la ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport, Michelle Courchesne, n'a pas du tout apprécié une déclaration de la CLASSE indiquant qu'elle entendait perturber l'événement touristique le plus en vue au pays.

«Avec cette offre-là, on va vous l'organiser, votre Grand Prix. C'est textuellement ce qui a été dit», a déclaré Mme Courchesne lors d'un point de presse en fin de journée jeudi, affirmant qu'il s'agissait bel et bien des «termes exacts».

«Quand la CLASSE menace directement le Grand Prix, oui, ça nous préoccupe. Ce sont des gens qui menacent les Québécois», a dénoncé le premier ministre.

«Je pense que la CLASSE a la responsabilité de sortir et de dire qu'elle ne va pas perturber le Grand Prix de Montréal. C'est important pour l'économie de Montréal, pour l'emploi à Montréal, pour la paix sociale», a précisé M. Charest en soirée sur les ondes de LCN.

La CLASSE s'explique

«Ce n'était pas une menace et j'espère qu'on ne va pas commencer à analyser chacun des mots utilisés de part et d'autre. Il y a eu probablement des millions de mots utilisés. Ce que nous avons dit, c'est que le Grand Prix allait être, tout comme le sont d'autres événements (des festivals notamment), une tribune pour s'exprimer et faire valoir les revendications étudiantes», a répondu l'un des porte-parole de la CLASSE, Gabriel Nadeau-Dubois, qui célébrait jeudi son 22e anniversaire de naissance.

«J'ajouterais quand même que le Grand Prix de Montréal est un événement qui reçoit beaucoup d'argent public. On peut collectivement se questionner sur nos priorités; préférons-nous investir de l'argent dans ce genre d'événements ou en éducation? C'est le genre de débat qu'on va vouloir mettre de l'avant mais ce n'était, en aucun cas, et je le répète, des menaces à la sécurité des gens qui vont y aller.»

En soirée, il a déclaré au «Journal de Montréal» qu'on tentait encore une fois de le «démoniser», reconnaissant toutefois que la tension était forte à la table quand il a été question du Grand Prix.

«C'était peut-être un peu maladroit. Mais ce qu'on fait, ce ne sont pas des menaces», a-t-il insisté, promettant plutôt une activité de visibilité et d'information en marge du Grand Prix. Pas question de nuire aux amateurs de course automobile, a-t-il promis.

Tracts et pirates

Néanmoins, des tracts circulaient déjà à Montréal en soirée pendant la manifestation pour inviter les gens à perturber le cocktail d'ouverture du Grand Prix de Montréal. Le collectif Anonymous a également mis son grain de sel en publiant sur internet les coordonnées personnelles de plus de 130 clients.
Le président et chef de la direction du Groupe de course Octane, François Dumontier, a voulu rassurer ses clients et précise que la cyberattaque ne concerne pas les sites web de vente de billets.

«Nous tenons à informer les amateurs de Formule 1 et plus précisément les clients présents et futurs du Grand Prix du Canada que certaines activités de piratage informatique rendues publiques aujourd'hui ne touchent en rien les sites web officiellement chargés de vendre les billets pour le week-end des 8, 9 et 10 juin prochain», peut-on lire dans un communiqué.
M. Dumontier assure que l'achat de billets en ligne est sécuritaire.


 
 
 
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