L'Autre Saint-Jean

La revanche

Première publication 24 juin 2012 à 07h13
La revanche
Crédit photo : Agence QMI
L'Autre Saint-Jean à Montréal
Par Fabien Boileau | Agence QMI

Accablé par les intempéries l'année passée, le festival l'Autre Saint-Jean a pris une belle revanche pour sa quatrième édition en remplissant le Parc du Pélican à la veille de la fête nationale québécoise avec la présence très attendue du groupe Malajube.

Fête nationale du Québec et grand-messe de l'identité québécoise, la fête de la Saint-Jean-Baptiste revêtait cette année une dimension particulière où artistes et public arboraient majoritairement et fièrement le carré rouge.

Comme un défi lancé aux éléments, les organisateurs avaient annoncé sur le site du festival que «beau temps mauvais temps, l'événement aura lieu». Ils n'auront pas eu à répondre de cet affront donné à Dame Nature ce samedi.

De 17h à minuit, les artistes invités à la quatrième édition de l'Autre Saint-Jean ont remué le quartier de Rosemont-La-Petite-Patrie et fait danser les festivaliers et les auditeurs des ondes de CISM (radio Web de la station de l'Université de Montréal) dans une ambiance survoltée.

À grand événement, programmation de taille, sept groupes se sont succédé sur les planches de la scène West Shefford (du nom de la nouvelle brasserie québécoise, partenaire du festival) pour y distiller une musique aussi riche qu'éclectique : de la musique traditionnelle en passant par le hip-hop, le folk, l'électro et le rock.

MC Gilles à l'animation

Une fois de plus c'est à MC Gilles, l'humoriste aux allures de cowboy, qu'est revenu l'honneur d'accueillir et de présenter les groupes sur scène.

C'est DJ Seba, rappeur du groupe Gatineau, qui a ouvert le bal en fin d'après-midi, suivi par le rap engagé d'Alaclair Ensemble qui présentait America, son dernier album en date. La formation country Les Revenants a envahi la scène à partir de 19h.

Exit les controverses des éditions précédentes, L'autre Saint-Jean a invité cette année l'artiste anglophone Josh Dolgin, plus connu sous le pseudonyme de SoCalled. À 20h, le multi-instrumentiste est monté sur scène pour présenter les pièces de son nouvel opus Sleepover.

Les festivaliers ont retrouvé une ambiance plus folklorique avec l'arrivée de Yves Lambert et son Bébert Orchestra. Très certainement aidé par la légère euphorie provoquée par la tombée du soleil, le groupe a été à l'origine de l'embrasement de la plaine et des vallons du Parc du Pélican.

Des groupes spontanés de danseurs se sont créés un peu partout sur le site faisant trembler le gazon à l'unisson et retenant un peu plus longtemps les derniers rayons lumineux. Comme pour renforcer encore un peu plus le caractère identitaire du festival, le concert s'est terminé par un intense « Vive le Québec libre » scandé par le groupe et repris en choeur par la foule maintenant devenue compacte devant la scène.

Parenteau cinglant

Durant le changement de plateau entre Yves Lambert et Plaster, François Parenteau, journaliste, humoriste et réalisateur de son état, a emprunté le micro pour prononcer un discours quelque peu acerbe et visant directement les anglophones de l'assistance. Conquis et naturellement voué à sa cause, le public a acclamé les dires de l'humoriste.

«Vos phrases sont ponctuées de "F*ck" et de "God Damn Sh*t", mais rien de mieux qu'un bon "Tabernacle" lorsque les choses deviennent sérieuses, Face it, you are Québécois ! Vous êtes les plus gros "losers" de votre culture » puis, s'adressant ensuite directement aux Québécois francophones « la meilleure garantie de ne plus parler d'indépendance, c'est de la faire.»

Ce fut ensuite au groupe électrorock Plaster de faire danser les festivaliers, plus à coups de basses sourdes que de guitares sèches cette fois-ci, autre recette, mais tout aussi efficace.

Puis, vers 23 h, c'est Malajube, seconde fois tête d'affiche du festival, qui est venu se présenter au public surchauffé du Parc du Pélican dont le taux de fréquentation a subitement explosé.

C'est au groupe québécois de rock indépendant que revient la palme de la popularité et du mouvement de foule tellement le public était compact et expressif devant la scène. Repris en choeur par tous, les morceaux de Malajube ont porté encore un peu haut les voix des Québécois unis jusqu'à rependre le slogan désormais culte La loi spéciale, on s'en câlisse en version rock.

L'Autre Saint-Jean, associé cette année à Moisson Montréal - la banque alimentaire de l'île de Montréal - reversera la totalité des profits générés par la vente du bock de l'organisme.


 
 
 
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