
Quand le jeune Vincent Lambert s'est fait transplanter le cœur qu'il attendait tant, il n'y a pas que sa vie qui a changé, mais également celle de ses proches, qui l'ont accompagné du mieux qu'ils ont pu durant cette longue épreuve.
Son père Alain Lambert a relaté cette période intense lors d'une entrevue accordée à LCN, vendredi matin.
«Avant, c'est comme si on était en prison. Maintenant, c'est comme si on était en liberté provisoire», indique M. Lambert pour illustrer la situation.
Dix mois d'hospitalisation et cinq opérations à cœur ouvert: voilà ce qu'a dû endurer l'adolescent de 15 ans avant de connaître la renaissance annoncée par un simple coup de fil.
Le téléphone sonne dans la chambre de Vincent à 8h15, lors d'une matinée qui ressemble à n'importe quelle autre. Le jeune homme dort, «tout le monde le brasse un peu pour le réveiller» parce qu'il peine généralement à ouvrir les yeux.
Quand il entend la nouvelle, Vincent n'y croit pas. «Il s'est levé tout d'un coup, il a débranché son appareil et l'a poussé jusqu'à la chambre où se mère se trouvait [ndlr: la salle des parents, à l'hôpital] pour lui apprendre la nouvelle», raconte son père, qui se trouvait à la maison à ce moment précis.
À 8h30, M. Lambert reçoit à son tour un coup de fil. «Peut-être que j'ai mon cœur», laisse simplement tomber Vincent, pour apprendre la nouvelle à son père.
Ce dernier, un peu abasourdi, demande à parler à la mère. «Elle pleurait», rapporte le papa heureux, qui dit avoir compris à ce moment précis que l'affaire était sérieuse. Sans plus tarder, Alain Lambert se rend auprès de ses êtres chers.
Cette journée commence sur une note plus qu'heureuse, alors que, réunis dans une même pièce, père, mère et fils, infirmières et chirurgiens versent des larmes de joie. «C'était assez touchant, assez touchant...», résume le père, l'émotion suspendue sur ces quelques mots.

(Crédit: TVA Nouvelles)
Aujourd'hui, le père comblé est ému de voir des images télévisées où l'on aperçoit Vincent lancer un ballon, «à peine deux semaines après son opération». «Incroyable», estime Alain Lambert. «Je pense qu'il a battu un record de longévité à l'hôpital pour attendre un cœur de remplacement avec un cœur de Berlin. En termes de récupération, je pense qu'il a atteint un autre record en étant l'un des plus rapides à revenir sur pied», poursuit-il.
Deux semaines après son opération, Vincent était de retour à la maison, fin prêt à commencer une deuxième vie. «Tout va très bien... Il n'est pas tenable, il est tout le temps parti», s'enthousiasme l'homme en parlant de son fils, en précisant ajoute néanmoins qu'ils demeurent attentifs aux contaminations par les bactéries ainsi qu'au rejet du nouvel organe qui pourrait malheureusement survenir en cas de complications.
«Avant, c'est comme si on était en prison. Maintenant, c'est comme si on était en liberté provisoire», indique M. Lambert pour illustrer la situation.
Le père de famille a souhaité profiter de la tribune qui lui était offerte pour exprimer qu'il était conscient que, si leur histoire a connu un dénouement heureux, une autre famille vit, ailleurs, le drame d'avoir perdu un proche. «On veut transmettre nos amitiés à la famille des donneurs», dit, pour conclure, le père de Vincent.
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Après 10 mois d'hospitalisation Un nouveau coeur pour Vincent |
| 20120424-13105 |
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