
Encore une fois cet été, des centaines de jeunes vont quitter la DPJ un peu partout au Québec parce qu'ils ont atteint la majorité. Ils n'ont, pour la plupart, plus de famille pour les aider et devront voler de leurs propres ailes.
Michelle* aura bientôt 18 ans et a été placée à l'âge de 13 ans. Elle vient à peine de quitter la DPJ et devrait accoucher dans une semaine. Elle a un copain, un peu plus vieux qu'elle, mais presque rien pour le petit garçon qui va naître.
«Je n'ai pas de literie, je n'ai pas de chaise haute... J'ai du linge, j'ai une bassinette, une chaise qui vibre et des couches, en ce moment», énumère-t-elle.
L'adolescente a reçu 1000$ de la Fondation du centre jeunesse de la Montérégie, mais il lui manque encore beaucoup de choses pour son bébé.
«Je ne l'ai pas prévu. Je n'ai pas fait exprès de tomber enceinte, ça représente quand même quelque chose de gros», explique Michelle, qui ajoute qu'il était hors de question de se faire avorter. Elle veut fonder une famille, à l'image de celle qu'elle n'a jamais eue.
«Mon beau-père faisait des abus physiques sur moi. Être séparée de ma soeur, être séparée de ma famille, c'est ce qui a été le plus difficile», confie la jeune femme.
Michelle ne cache pas qu'elle a peur de ce qui l'attend. «Mais tant que je ne reproduis pas les horreurs de mes parents, ça va être quand même pas pire», laisse-t-elle tomber, philosophe.
Maxime* aussi se prépare à quitter la DPJ après sept ans passés dans un centre. Il ne sait pas encore où il va aller, il n'a plus de mère. «Elle m'a laissé», résume-t-il, et le jeune homme ne sait pas si son père pourra l'accueillir. Tout ce qu'il a au monde est contenu dans sa chambre du centre. Il emportera aussi le bagage psychologique que lui ont donné des éducatrices.
De nombreux jeunes quittent la DPJ à 18 ans, sans aide, sans famille; il n'y a que les éducateurs pour les aider.
«C'est probablement la clientèle la plus vulnérable qu'on dessert en centre jeunesse. Il y a une centaine de jeunes qu'on accompagne de façon plus particulière vers la vie adulte», explique une éducatrice qui travaille avec eux.
La DPJ ne peut pas leur offrir des parents, mais veut aller jusqu'au bout ce qui est possible en leur offrant l'essentiel pour bien partir dans la vie.
*Noms fictifs
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