Pris en flagrant délit

Deux sauveteurs inattentifs renvoyés

Première publication 18 juillet 2012 à 04h57
Mise à jour : 18 juillet 2012 à 18h11
Par Valérie Gonthier | Journal de Montréal

Trahis par une photo publiée sur Facebook, deux sauveteurs de la Ville de Montréal pris en flagrant délit d'utiliser leur téléphone cellulaire au travail ont été congédiés en début de semaine.

C'est un plaisancier qui a photographié les deux sauveteurs fautifs dimanche dernier au parc-nature du Bois-de-l'Île-Bizard.


(Crédit photo: Facebook)

Sur la photo, on y aperçoit les deux employés, assis sur leur chaise de sauvetage. Ils s'affairent sur leur téléphone cellulaire respectif.

L'image a ensuite été publiée sur Facebook, puis partagée à maintes reprises durant les heures suivantes.

Plusieurs internautes qui ont commenté l'image ont reproché l'inattention des sauveteurs alors qu'un nombre important de noyades est survenu depuis le début de l'été au Québec.

En effet, 35 noyades ont été enregistrées depuis le mois de mai, ce qui fait grimper à 45 le nombre de personnes qui se sont noyées depuis janvier.

Renvoi

Informée de la situation concernant les deux employés pris en défaut, la Ville a rapidement avisé la société de développement multidisciplinaire (SODEM), la firme qui assure la gestion des sauveteurs.

On a indiqué lundi qu'une enquête interne allait être ouverte, afin d'identifier le lieu, le moment et les employés sur la photo.

Le Journal a appris hier que les deux sauveteurs ont finalement été remerciés plus tôt cette semaine.

«La Ville et la SODEM prennent une telle situation au sérieux et toutes les mesures sont prises afin que les consignes soient respectées. Le tout afin d'assurer la sécurité des baigneurs», a dit Valérie De Gagné, relationniste à la Ville de Montréal.

Selon cette dernière, il s'agit là d'un comportement « inacceptable », qui doit être sanctionné.

Elle rappelle que les sauveteurs se doivent de respecter les lignes de conduite de la Société de sauvetage du Québec, organisme reconnu pour la formation des préposés à la surveillance.

«L'utilisation d'un appareil électronique personnel lorsqu'un sauveteur est en devoir est strictement interdite», a-t-elle indiqué.

Tous les sauveteurs de la Ville de Montréal seront d'ailleurs avisés qu'un tel comportement est à proscrire.

Une note de rappel des règlements de sécurité devrait leur être acheminée dans les prochains jours, a ajouté Mme De Gagné.

Tolérance zéro

Selon la Société de sauvetage, pour aucune raison, un sauveteur ne devrait avoir un téléphone cellulaire sur lui lorsqu'il travaille.

«Les quelques secondes où tu regardes ton cellulaire, elles peuvent faire toute la différence», lance Raynald Hawkins, directeur général de la Société.

Durant ces secondes-là, un sauveteur inattentif peut ne pas apercevoir un baigneur en détresse, fait-il remarquer.

«Le travail du sauveteur, c'est de surveiller. Pour surveiller, il faut qu'il soit alerte et vigilant», insiste M. Hawkins.

Sans vouloir s'avancer sur ce cas précis, M. Hawkins expose que cette faute peut même être passible de dé-certification.

Selon lui, seule une raison de sécurité pourrait justifier l'utilisation d'un cellulaire par un sauveteur.

«Le seul moment où ça devrait être toléré, c'est lorsque le système de communication d'urgence se limite à un appel au 911 avec un cellulaire», indique-t-il.

Distraction

Si le cellulaire est à bannir lors de la surveillance des baigneurs, il en est de même avec tout autre objet qui pourrait distraire.

«Lire un roman, feuilleter un magazine, texter sur son cellulaire, jouer avec son téléphone intelligent : tout ça ne peut pas être toléré lorsque l'on surveille», insiste Raynald Hawkins.

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