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Alors que l'arrosage est interdit à Châteauguay depuis deux semaines, une pépinière utilise son propre puits pour arroser ses arbres et ses arbustes.
Contrairement à ce que l'on pourrait croire, les pépinières doivent se soumettre aux mêmes règles que les autres en matière d'arrosage, même lorsqu'une interdiction est en vigueur pour plusieurs jours.
C'est ce que précise Luc Marcil, propriétaire de la Pépinière Marcil et Frère à Châteauguay. «Les gens pensent qu'on est au dessus des lois, ou qu'on a un droit acquis en tant que commerçant d'arbres. Mais ce n'est pas le cas. On doit respecter les interdictions d'arrosage comme tout le monde», a-t-il expliqué.
Or, comment le commerçant parvient-il à garder ses arbres en vie s'il ne peut les arroser en période de canicule? La réponse se trouve sous son commerce, au fond d'un puits. «Ce puits existait déjà quand nous avons acheté le commerce, il y a 31 ans. Mais nous ne l'utilisions pas. Après avoir été pris par un inspecteur de la Ville alors que nous arrosions les arbres sous le coup d'une interdiction, nous avons dû revoir notre stratégie», a précisé M. Marcil.

Le propriétaire de la pépinière Marcil et frère Inc., Luc Marcil, explique comment il arrive à arroser ses plantes grâce à un système d'irrigation automatique entièrement alimenté par l'eau de son puits. (Crédit: Agence QMI)
Le propriétaire de la pépinière a donc développé un système d'irrigation automatique entièrement alimenté par l'eau de son puits, situé à 73 pieds sous terre. L'eau n'a jamais manqué, même en période de canicule.
«Nous n'avions pas le choix de trouver une solution de rechange, car priver les plantes d'eau, c'est comme enlever un poisson de l'eau. Si nous n'avions pas eu de puits, nous ne serions plus en affaires aujourd'hui», a-t-il déclaré.
Selon lui, c'est même profitable aux plantes qui jouissent ainsi d'une eau sans chlore ni autres produits chimiques.
Cette situation particulière n'est pas sans provoquer de l'incompréhension parmi les résidants de la municipalité. Son commerce étant situé juste à côté des Jardins communautaires de Châteauguay, le propriétaire de la pépinière doit vivre avec le regard accusateur des usagers.
«Les jardiniers des Jardins communautaires nous regardent jalousement arroser nos plantes alors que leurs légumes s'amollissent de jour en jour. Je crois qu'ils ne savent pas que nous sommes alimentés en eau par un puits», a-t-il indiqué.
En effet, dans un article publié le 18 juillet par Le Soleil de Châteauguay, intitulé «Les tomates ont la mine basse», deux responsables des Jardins communautaires déploraient le fait que leur voisin pouvait arroser ses plantes alors qu'eux devaient respecter l'interdiction.
«J'espère éclaircir ce malentendu, a indiqué M. Marcil. Pas juste avec les Jardins communautaires, mais également avec les autres citoyens qui ne sont peut-être pas au courant.»
Par solidarité, M. Marcil a même désactivé le système qui arrose la pelouse devant son commerce. «Je pourrais arroser et avoir une belle pelouse toute verte. Mais je ne le fais pas. Ce ne serait pas correct alors que mes voisins doivent économiser l'eau potable», a-t-il indiqué.
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