Interdiction d'arrosage

Les puits coûtent cher

Première publication 3 août 2012 à 11h54
Les puits coûtent cher
Crédit photo : Agence QMI
Un employé d'une pépinière, arrose, grâce à un système d’irrigation automatique entièrement alimenté par l’eau de son puits
Par Patricia Blackburn | Agence QMI

Avec les interdictions d'arrosage qui sévissent un peu partout dans la région, la tentation de se doter d'un puits indépendant du système d'alimentation des villes est alléchante. Mais est-ce que n'importe qui peut faire creuser un puits sur son terrain?

Yvon Benoît, propriétaire de la compagnie Forage Métropolitain de Valleyfield, est l'un des rares experts en forage de puits du secteur. Il dit recevoir entre 300 et 400 demandes par année. Mais, de ce nombre, seulement 3 ou 4 personnes décident d'aller de l'avant.

«Le principal problème n'est pas l'eau, a noté le foreur de 30 ans d'expérience. Parce qu'on est chanceux dans la région, on en trouve généralement à environ 100 mètres de profondeur sur presque tous les terrains. Ce qui décourage surtout les gens, ce sont les prix élevés des travaux.»

Environ 10 000 $ au total

La facture risque en effet d'être salée pour la personne qui souhaite faire creuser un puits dans sa cour, et c'est sans compter les nombreuses démarches à entreprendre. Il est d'abord nécessaire d'obtenir les permis nécessaires, lesquelles ne peuvent être délivrés sans études préliminaires.

«Tout ce qui concerne les puits ou les fosses septiques est soumis au règlement sur le captage des eaux souterraines et de la loi sur la qualité de l'environnement, qui sont de juridiction provinciale», a expliqué Yves Lavoie, inspecteur en bâtiment pour le service d'urbanisme de la Ville de Châteauguay. «Une fois que la personne a fait faire une étude de forage conforme, nous pouvons lui accorder un permis pour creuser.»

Vient ensuite le risque de creuser pour rien. «Ça arrive, a dit Stéphane Lessard de Forage MSE Inc., de Sainte-Martine. Le truc de la branche de bois, ça ne fonctionne pas. Lorsqu'on creuse, le client doit payer même si on a aucune assurance de trouver de l'eau.»

Les travaux de forage coûteraient, selon la profondeur du puits, entre 4000 $ et 6000 $. À cela il faut ajouter l'installation de pompes, un test de qualité de l'eau et le coût des différents permis. La facture totale peut ainsi grimper à plus de 10 000 $.

Par ailleurs, les villes de Mercier, Saint-Isidore, Sainte-Martine et Saint-Urbain-Premier sont soumises à des restrictions particulières en raison de la contamination des eaux souterraines.

Dans certains périmètres de ces secteurs, le forage est interdit.

Selon M. Lavoie, la Ville de Châteauguay n'aurait délivré aucun permis cette année. Mais ceux qui possèdent leur puits peuvent arroser leur pelouse et leurs fleurs sans craindre de recevoir une amende de la Ville. «Nos inspecteurs demandent carrément aux gens qui arrosent s'ils le font avec l'eau de la Ville ou l'eau de leur puits», a précisé Paul Brunet, directeur général à la Ville de Châteauguay.

Le cas particulier de Léry

La situation est quelque peu différente à Léry, qui vient tout juste de se doter d'un réseau d'égouts et d'aqueduc. Les résidences de ce secteur sont donc déjà toutes déjà munies de leur propre puits. «Si les gens veulent le garder pour le brancher à un système d'arrosage indépendant de celui de la Ville, il n'y a aucun problème, a soutenu Philippe Chrétien, responsable de l'urbanisme. On leur demande seulement de débrancher leur puits du réseau municipal.»

 
 
 
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