Laval

Un handicapé abandonné par un CSSS

Première publication 6 août 2012 à 18h35
TVA Nouvelles

Au moment même où le ministère de la Santé met de plus en plus l'accent sur le maintien à domicile, voilà qu'un jeune homme lourdement handicapé a été laissé à lui-même par un CSSS de Laval, parce que des auxiliaires familiales refusent tout simplement de se rendre chez lui.

La mère de Stéphane, âgée de 70 ans, prend soin de son fils à la maison depuis qu'il a été victime d'un grave accident en 1987. Il a fait une chute dans une piscine et est devenu paraplégique.

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Andrée Perreault recevait depuis plusieurs années l'aide d'auxiliaires familiales. Elles effectuaient environ 40 heures de travaux à domicile sept jours sur sept. Mais l'an dernier, avec le changement d'auxiliaires, la situation a commencé à s'envenimer quand Mme Perreault dit avoir voulu donner un conseil à une des employées.

«On m'a dit carrément: ‘Madame Perreault, je vous prierais de sortir de la chambre et de nous laisser faire notre travail tout seul.' Je suis chez moi, et je me fais sortir de la chambre» a expliqué Andrée Perreault.

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Un autre matin, deux auxiliaires auraient quitté plus tôt le domicile et n'auraient pas fait déjeuner Stéphane, comme cela se faisait habituellement. «Mon mari a dit: 'Vous allez rentrer faire votre travail, finir votre travail'» évoque-t-elle.

Depuis, les auxiliaires ont exercé un refus de travail. 25 employés, plusieurs qui n'ont jamais mis les pieds dans cette maison, mais qui étaient susceptibles de le faire se sont prévalus de ce droit.

Un enquêteur de la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST) leur a donné raison. Les parents ont reçu cette lettre des avocats du CSSS, qui leur écrit que désormais, il est impossible de fournir des services de soins à domicile, en raison notamment d'agressions verbales, de dénigrement du travail de l'équipe.

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Pour le directeur des services professionnels du CSSS, le cas des Perreault est exceptionnel. «C'est pas nécessairement d'intérêt public de savoir les circonstances dans lesquelles nos employés ont porté un droit de refus» a expliqué le Dr Alain Goudreault, directeur des services professionnels.

Pour sortir de l'impasse, le CSSS leur dit désormais d'utiliser le programme chèque emploi-service et d'embaucher eux-mêmes des auxiliaires. Mais pour la mère de Stéphane, il est très difficile de trouver des auxiliaires à 11$ de l'heure.

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Si Stéphane a besoin de soins infirmiers, il sera obligé de se rendre à l'urgence et attendre de longues heures.

Une autre solution aurait été de l'envoyer dans un centre d'hébergement. Il a tenté l'expérience il y a quelques semaines, et cela a été traumatisant.

«Ils couchaient Stéphane 22 heures dans un lit pour 2 heures de chaise. Je suis une personne qui prend soin de mon fils depuis 23 ans. Regardez ce qui arrive aujourd'hui.»

-D'après un reportage d'Harold Gagné.

 
 
 
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