Médecine à distance

Service de télésanté au CUSM

Première publication 7 août 2012 à 19h33
Par Harold Gagné | TVA Nouvelles

Le projet de télémédecine du Centre universitaire de santé McGill (CUSM), initié à l'aube de l'an 2000, prend de plus en plus d'ampleur et pourrait bientôt améliorer l'accessibilité au réseau de la santé.

«On veut que la qualité médicale soit vraisemblablement presque identique à ce qu'on aurait avec le patient devant nous», explique le cardiologue du CUSM Mathieu Walker.

Mardi, le Dr Walker du CUSM, a rencontré un patient qui a subi une chirurgie à cœur ouvert en mars dernier. L'homme en question, un Cri âgé de 77 ans, habite à Chibougamau. Ce dernier n'a pas eu à débourser les 1000$ qu'un trajet de à Montréal lui aurait coûté, car la consultation s'est faite à l'aide du nouveau système de télésanté implanté par l'établissement.

(Crédit photo: TVA Nouvelles)

Pendant la consultation, une caméra était braquée sur le médecin et une autre, sur le patient. Depuis Chibougamau, une inhalothérapeute a pris la tension artérielle de l'homme, sous les directives du Dr Walker. Puis elle a écouté ses battements cardiaques.

À l'aide d'un système Bluetooth, les pulsations cardiaques de l'homme se sont rendues jusqu'aux oreilles du cardiologue grâce à un stéthoscope digital.

Plus grand territoire

«Maintenant il y a plus d'une trentaine de spécialités cliniques qu'on peut offrir à distance», précise la directrice associée de la télésanté au CUSM, Johanne Desrochers.

Ce système de télésanté est déjà utilisé pour suivre, à distance, certains patients handicapés qui habitent la région de Montréal. Il vient tout juste de s'étendre aux Cris, dont le vaste territoire compte 15 000 habitants.

Et pour les membres de cette communauté, venir se faire soigner à Montréal ou avoir des rendez-vous après l'opération coute une fortune.

L'an dernier, pour les Cris, la facture s'est élevée à plus de 20 millions de dollars, uniquement en voyages et en hôtellerie.

Dans leur communauté, le diabète fait des ravages et touche 22% de la population. Une vaste campagne de dépistage sera lancée cet automne pour détecter la rétinopathie diabétique.

Selon les estimations du CUSM, déplacer tous les patients à Montréal coûterait jusqu'à 6 millions de dollars. Le tout sera donc fait par télésanté, dont le budget de fonctionnement annuel est d'environ six fois moindres.

«La jeune génération voudra peut-être plus aller s'asseoir et attendre trois heures, dans une salle d'attente, pour voir son médecin de famille, explique Mme Desrochers. On va pouvoir le faire sur un iPhone, un Androïd ou sur un portable très prochainement.»

 
 
 
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