
Pour une simple erreur administrative de sa part, un homme d'origine portugaise, qui réside au Québec depuis plus de 30 ans, doit quitter le Canada en septembre, à moins d'une intervention directe du ministre fédéral de l'Immigration Jason Kenney.
José Pereira, de Saint-Roch-de-Richelieu, en Montérégie, n'en revient tout simplement pas. Marié à une Québécoise, père de quatre enfants et propriétaire de sa propre entreprise, celui qui habite au Canada depuis 32 ans devra s'en aller au plus tard le 10 septembre vers le Portugal.
(Agence QMI)
«On me traite comme un criminel. Mon seul crime est d'avoir fait confiance à des fonctionnaires qui me disaient que mon dossier était correct. Je ne réalise même pas ce qui m'arrive», a confié l'homme de 59 ans.
Sa conjointe et lui ont d'ailleurs mis la résidence familiale de Saint-Roch en vente. Les boites sont faites, mais M. Pereira refuse d'accepter la décision du ministère de l'Immigration. «Ma vie est ici, au Québec, au Canada. Je paie des impôts depuis plus de 30 ans. J'ai déjà fait des dons pour les jeunes dans les écoles. Je me suis marié à une Québécoise. Je suis un bon citoyen. Je n'ai jamais touché un sou du bien-être social. Tout ce cauchemar en raison d'un manque de communication entre les fonctionnaires. C'est irréel.»
M. Pereira s'était rendu en 2009 au Portugal pour rendre visite à son père malade alors que sa carte de résident permanent n'était plus valide. Il a alors demandé à l'ambassade du Canada à Paris d'obtenir un document de voyage pour résident permanent. On lui a envoyé plusieurs avis écrits, dont le dernier qu'il a ignoré, croyant que son statut avait été rétabli à son retour au Canada.
En 2012, en se rendant à sa cérémonie d'assermentation pour devenir citoyen canadien, M. Pereira a affirmé qu'on lui a demandé de quitter en raison de son « statut irrégulier ». Au mois de juin, il a reçu alors une lettre du ministère de l'Immigration l'informant qu'il n'est plus admissible au statut de résident permanent puisqu'il aurait travaillé au Canada illégalement.
Selon l'avocat spécialisé en droit de l'immigration, Me Stéphane Handfield, il aurait fallu que José Pereira soit plus prudent dans ses démarches. Cependant, il estime que d'expulser le Portugais d'origine est une mesure exagérée pour un homme qui réside au Canada depuis plus de 30 ans et qui n'a aucun antécédent judiciaire.
«Il est minuit moins une pour M. Pereira. Il n'a pas de recours judiciaire vu l'urgence de la situation. Seul le ministre Jason Kenney peut utiliser son pouvoir discrétionnaire pour concéder un permis de séjour à cet homme. La loi lui permet pour des motifs humanitaires», a expliqué Me Handfield.
Pour sa part, le ministre de l'Immigration Jason Kenney s'est refusé à tout commentaire sur le dossier. Par voie de communiqué, le ministère de la Citoyenneté et de l'Immigration a fait savoir que M. Pereira a eu plusieurs chances de devenir citoyen canadien.
M. Pereira a présentement un statut de résident temporaire au Canada. Il n'est pas autorisé à travailler ou étudier jusqu'au 10 septembre 2012. À moins d'obtenir une prorogation, il doit quitter le Canada à cette date. Il n'est pas le sujet d'une mesure de renvoi à ce moment, mais il a été le sujet d'un rapport d'inadmissibilité pour avoir travaillé sans autorisation», a écrit le ministère.
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