Programme d'aide sociale

Considérée lesbienne contre son gré

Première publication 9 août 2012 à 07h30
Considérée lesbienne contre son gré
Crédit photo : Agence QMI
Francine Grywinski a reçu une lettre annonçant que l'on cesserait de lui verser ses prestations d'assistance sociale parce qu'elle était en couple.
Par Éric Yvan Lemay | Agence QMI

Francine Grywinski a été choquée de recevoir une lettre lui annonçant qu'on lui supprimait son chèque d'aide sociale parce qu'on la considérait comme étant en couple avec sa colocataire de 72 ans. Une affirmation complètement fausse, clame-t-elle.

Francine Grywinski (Agence QMI)

«Ils ont décidé qu'on était conjointes. On se bat pour dire qu'on ne l'est pas, mais ils disent qu'on l'est. Je suis enragée», lance la dame de 64 ans qui possède une maison à Boisbriand depuis le milieu des années 1980.

Dans une lettre datée du 29 juin, le Centre local d'emploi de Sainte-Adèle lui annonçait qu'elle ne serait plus admissible à des prestations de solidarité sociale à compter du 1er août.

En guise d'explications, on a rédigé la phrase suivante : «Vous n'avez pas droit à l'aide comme adulte seul ou comme famille monoparentale parce que vous vivez en couple.»

On lui réclame aussi près de 60 000 $ pour des prestations qu'on lui aurait versées en trop depuis 10 ans. La dame ne peut plus travailler à la suite d'une opération au dos.

Amie de longue date

Celle que les responsables de l'aide sociale prétendent être sa conjointe s'appelle Monique Grenier et elle cohabite avec Francine Grywinski depuis le début des années 1980. Elles ont emménagé ensemble après le divorce de cette dernière. Elles ont chacune leur chambre, une au sous-sol, l'autre à l'étage.

«Ça fait 40 ans qu'on se connaît. Quand elle s'est séparée, ça ne lui tentait pas de rester seule», raconte Francine Grywinski, assise à la table de cuisine avec sa colocataire. Elles s'offusquent du fait que, dans le cadre de l'enquête, on a ressorti un jugement de 1983 sur la garde des enfants de Monique Grenier.

On y lit, entre autres, que «la requérante-intimée a abandonné son mari ainsi que ses enfants au mois de janvier 1981 et qu'elle vit depuis avec une dame du nom de Francine et avec laquelle elle serait liée sexuellement.»

Cette dernière réplique en disant que la relation avec son mari était loin d'être rose et qu'elle ne l'a jamais quitté pour aller vivre avec une femme comme on le prétend.

Enquête dans le voisinage

Les responsables du dossier à l'assistance emploi ont également rencontré plusieurs voisins pour tenter de savoir si elles étaient en couple. Certains ont notamment parlé d'un «mariage» qui aurait eu lieu vers l'an 2000. Or, la limousine qu'ils ont décrite a plutôt servi lors du soixantième anniversaire de Mme Grenier.

L'enquête a également porté sur une police d'assurance-automobile dans laquelle il aurait été inscrit que Francine Grywinski était mariée ou conjoint de fait entre 2005 et 2008. «Je n'ai jamais dit ça. Je ne sais pas où ils ont pris ça», rétorque-t-elle.

Cette dernière dit qu'elle a besoin de Mme Grenier au quotidien. «À cause de mon dos, je marche avec une canne. C'est elle qui passe la tondeuse, fait la plupart des repas, etc. Elle s'occupe de tout», conclut-elle.

 
 
 
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