Un cas jugé trop lourd

Des médecins refusent d'assurer le suivi d'un patient

Première publication 19 août 2012 à 14h28
Mise à jour : 19 août 2012 à 19h54
TVA Nouvelles

Alors que des candidats aux élections provinciales promettent un médecin de famille pour tous les Québécois, certains médecins de famille refusent d'assurer le suivi d'accidentés du travail parce que leurs cas sont trop lourds.

Luc Larose, 43 ans, a eu un accident de travail en janvier 2010. Il s'est blessé en tentant d'ouvrir une porte du garage où il travaillait. Elle fonctionnait mal et il s'est fait une entorse dorsale.

«Le haut de la porte a "déclanché" et moi j'ai forcé. La porte est devenue tellement dure que je me suis déchiré tous les muscles dans le dos», explique-t-il.

Six mois après l'accident, le médecin de la CSST veut forcer son retour au travail, contre l'avis d'un urgentologue d'un CLSC qu'avait rencontré Luc Laroche. Il a toujours besoin d'un suivi en ergothérapie et en physiothérapie.

Trois autres médecins du CLSC disent que M. Larose ne peut pas retourner au travail à cause de sa blessure. Mais, la CSST refuse leur diagnostic.

«Je n'ai plus de traitement, je n'ai plus d'ergo., je n'ai plus de physio., je n'ai plus rien», ajoute-t-il.

Afin de prouver à la CSST que son entorse dorsale rend son retour au travail impossible pour le moment, il a tenté de trouver un médecin de famille, mais aucun des trois médecins qu'il a rencontré ne veut prendre en charge son cas.

«On me dit que mon cas est trop lourd. Ça prendrait trop de temps à passer avec moi et ils (les médecins) disent qu'ils ne pourraient pas passer de temps avec les autres patients», raconte M. Larose.

Luc reçoit 533$ par mois de l'aide sociale, toutefois, son logement en coûte 600. Pour se nourir, il doit aller dans les banques alimentaires.

Suzanne Décarie, conseillère de ville pour district de Pointe-aux-Trembles, a décidé de lui venir en aide.
«Y a-t-il un moyen qu'on soit entendu pour que ce système-là change? Je vous le dit, c'est un système qui est tellement malade, déplore la conseillère de ville. C'est de venir en aide à ces gens-là pendant qu'ils sont en train de tomber et pas quand ils sont complètement à terre.»

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