
Le parti du maire Gérald Tremblay s'apprête à voter l'octroi de 15 contrats à Louisbourg SBC, une entreprise liée à l'entrepreneur Tony Accurso, arrêté il y a deux semaines pour fraude fiscale.
La question de l'octroi des contrats à des entreprises jumelles à celles reconnues coupables de fraude ou collusion, a rattrapé le maire de Montréal lors de la séance du conseil de ville, lundi.
Cette fois, c'est 36 millions $ en contrat que les élus de son parti pourraient accorder à Louisbourg SBC. Une situation qui a immédiatement soulevé un tollé au sein de l'opposition qui a promis de voter contre.
Le débat sur l'octroi de ces contrats d'infrastructure a enflammé la chambre où siègent les élus. Ceux-ci dénoncent la situation.
«Il faut que cesse cette mascarade !», a lancé Louise Harel, chef de Vision Montréal, avant le vote. Elle rappelle que la loi 35 adoptée par le gouvernement visait justement à enrayer ce type de problème.
«On ne peut pas accepter d'être contraints à voter certains contrats sachant que des manœuvres juridiques connues ont permis à ceux qui ont travaillé à ces contrats de se soustraire à la loi [35]», a renchéri la chef.
«Assez, c'est assez, a tonné Anie Samson, également de Vision Montréal. On veut qu'on arrête de nous prendre pour des valises.»
Mme Harel a également souligné que les entreprises jumelles sont situées à la même adresse, ont les mêmes administrateurs et sont représentées par les mêmes avocats. Conséquemment, elles ne devraient pas avoir le droit de répondre à des appels d'offres de la Ville.
Louise Harel a par ailleurs demandé au prochain gouvernement du Québec de corriger les défauts de la loi 35 dans les 100 jours de son accession au pouvoir.
Richard Bergeron, de Projet Montréal, a compilé les chiffres.
«Si vous aviez usé de votre pouvoir discrétionnaire, M. Tremblay, on n'aurait pas accordé 164 millions $ aux entreprises de Tony Accurso.»
Le maire a toujours soutenu que les travaux d'aqueduc ou de pavage qui étaient octroyés à Louisbourg SBC représentaient des urgences.
«C'est une question de sécurité publique», s'est défendu Gérald Tremblay pour se justifier.
Pour cette raison, il refusait de suspendre les contrats.
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