Projet en Afrique

Agriculture urbaine: des racines au Cameroun

Première publication 23 août 2012 à 20h44
Agriculture urbaine: des racines au Cameroun
Crédit photo : gracieuseté
Par Ève Lévesque | Agence QMI

Enseignement sous forme d'ateliers, émission de radio et jardin démonstratif: six jeunes Montréalais reviennent tout juste du Cameroun, où ils ont transmis leurs connaissances en agriculture urbaine dans le cadre du projet «Des racines autour du monde».

L'expertise de l'organisation non gouvernementale Alternatives, qui a développé un type de contenant à double fond avec une réserve d'eau permettant de cultiver des légumes hors-sol, a été enseignée à une cinquantaine de Camerounais, qui souhaitaient faire de l'agriculture dans leur arrière-cour, pendant huit semaines.

«En Afrique, les villes sont en croissance exponentielle, a expliqué Gabrielle Lamontagne, une des participantes au projet. Ici, à Montréal, on travaille maintenant à rapatrier l'agriculture en ville. On a fait des erreurs, alors que chez eux c'est maintenant qu'on peut prévenir.»

Les stagiaires d'Alternatives étaient établis dans la ville de Yaoundé, la capitale du Cameroun. «Il y a plus de deux millions d'habitants, a affirmé Marie-Élaine Boily, une autre participante. Et la ville est une série de collines et de bas fonds, dans lesquels il y a des cultures de maïs parce que l'humidité y reste. La Ville veut les remplacer par des parcs pour des raisons sanitaires parce qu'il n'y a pas de gestion des eaux et les eaux usées peuvent se retrouver là.»

Raisons économiques

La plupart des Camerounais inscrits aux ateliers voulaient faire de l'agriculture urbaine pour des raisons économiques. «Plusieurs de ces gens venaient des villages autour de Yaoundé, où ils avaient déjà fait de l'agriculture, a continué Marie-Élaine. En ville, ils n'en faisaient plus, mais ils avaient l'intérêt et les connaissances pour ça.»

Formés pendant huit mois, les stagiaires d'Alternatives ont aussi construit à Yaoundé un jardin démonstratif presque uniquement fait à partir de matériaux récupérés, de sceaux, de pneus et de bouteilles d'eau. «L'objectif, c'est qu'ils puissent maintenant montrer aux autres tout ce qu'ils peuvent faire en réutilisant ce qui traîne dans leur cour, dans leur garage, a expliqué Gabrielle. On a planté des tomates, du basilic, de la laitue, du céleri, des carottes, de l'aloès, et même des ananas.»

Une émission de radio hebdomadaire était aussi animée par les stagiaires, qui préparaient chaque semaine une table ronde sur des sujets spécifiques, comme la souveraineté alimentaire et la gestion des déchets.

 
 
 
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