
La rentrée a été à nouveau perturbée mardi à l'Université de Montréal, alors que 16 personnes ont été arrêtées, dont six pour voies de fait. Les cinq autres ont finalement été relâchées sans qu'aucune accusation ne soit déposée contre eux, pour le moment.
En après-midi mardi, l'escouade antiémeute est intervenue à l'UdeM. (Agence QMI)
Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) était de retour, mardi matin, aux abords de l'UQAM, de l'Université de Montréal et des universités McGill et Concordia. Encore une fois, ce n'est qu'à l'UdeM que la situation a dérapé.
À l'arrivée des forces de l'ordre, vers 8h30, des étudiants seraient accourus vers eux, leur indiquant que du grabuge avait été commis dans une classe de psychologie située au deuxième étage du pavillon Jean-Brillant.
(Agence QMI)
«Les trois premiers policiers qui étaient sur place se sont fait héler par des étudiants qui disaient qu'il y avait une bagarre au deuxième étage. Les policiers sont intervenus et ont arrêté 11 personnes. Même sans la loi 12, la même intervention se serait produite» a précisé Ian Lafrenière en entrevue à TVA Nouvelles.
(Agence QMI)
Selon le SPVM, les individus arrêtés s'en seraient pris physiquement aux agents de sécurité de l'UdeM.
Vers 11h30, les policiers étaient toujours sur place au cas où la situation devait s'envenimer. «Si besoin est, on sera disponible», a souligné le commandant.
Questionné à savoir pourquoi la situation avait tourné au vinaigre dans la seule université où le SPVM était intervenu, Ian Lafrenière a rétorqué être intervenu «parce que ça a dérapé». M. Lafrenière a ajouté qu'aucun méfait n'avait été constaté à l'endroit où les manifestants avaient tenté de bloquer l'accès au cours.

(Agence QMI)
(Agence QMI)
Vers midi mardi, l'UdeM a décrété la levée des cours d'anthropologie, d'histoire de l'art et d'études cinématographiques, et ce, jusqu'à nouvel ordre. Il est écrit sur le site Internet de l'UdeM: «Devant l'impossibilité d'assurer la tenue des cours (...) la direction évaluera, s'il est possible de reprendre le rattrapage prévu ou si ces cours doivent être annulés.»
«Les conditions maximales d'enseignement n'étaient pas réunies, a commenté le porte-parole de l'UdeM, Mathieu Fillion. C'est suite aux événements de ce matin qu'on s'est rencontré et on s'est dit que c'était préférable de faire ça.» Au total, 287 cours étaient prévus à l'horaire durant la journée de mardi à l'UdeM.
(Agence QMI)
«C'est inadmissible d'avoir la police qui charge les étudiants, a déclaré Sylvain Marois, vice-président de la Fédération nationale des enseignants et enseignantes du Québec (FNEEQ) et responsable des chargés de cours. On se demande pourquoi l'université ne va pas dans le même sens que l'UQAM. Comment voulez-vous que nos membres donnent des cours», a-t-il questionné, ajoutant que selon lui, il serait préférable pour l'université d'opter pour une levée de cours.
(Agence QMI)
«Ce genre d'intervention là, extrêmement violente, ce n'est pas la façon de donner une atmosphère sereine», a pour sa part commenté le vice-président du Conseil central du Montréal métropolitain - CSN, Francis Lagacé.
De son côté, Québec solidaire a qualifié «d'inacceptable» l'intervention policière sur le campus de l'UdeM.
«L'anti-émeute dans les murs de l'université, des arrestations musclées sur des piquets de grève, des enseignantes et enseignants contraints de donner leur cours contre leur volonté et celle de leur département : voilà des gestes carrément inacceptables, a dit Amir Khadir, porte-parole de Québec solidaire. Est-ce le genre d'université que nous proposent messieurs Legault et Charest qui défendent la loi spéciale qui permet ces excès?»
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