
Le dixième anniversaire des journées portes ouvertes de l'Union des producteurs agricoles a permis de rencontrer des agriculteurs qui n'ont pas peur d'innover et de se démarquer.
À Sainte-Croix, dans la région de Chaudière-Appalaches, les agronomes Élisabeth Grenier et Alexandre Landry ont démarré une ferme il y a cinq ans en misant sur le phénomène grandissant du fermier de famille.
Ils cultivent 120 variétés de légumes et élèvent des poulets, porcs, lapins, boeufs et chèvres pour desservir 70 familles. «Nous avons rénové les bâtiments d'une ancienne ferme pour installer nos animaux, et ce, dans le meilleur confort possible pour eux», a expliqué Élisabeth Grenier.

(Crédit photo: Agence QMI)
Les deux entrepreneurs pratiquent l'agriculture biologique sans la certification. «Être certifié, ça coûte des sous et, en fin de compte, ce sont nos clients qui paient». Chaque semaine, ils font la livraison directement chez leurs clients.
Sarah William a profité de la journée pour rendre visite à « ses » agriculteurs. «J'habite dans le quartier Saint-Sauveur à Québec et Alexandre a même les clés de mon garage en cas d'absence lors des livraisons. Pour moi, c'est très important d'encourager l'agriculture locale et on a d'excellents produits, sains et toujours frais.»
Ces fermiers nouveau genre ne vivent pas encore exclusivement de leur ferme. «En augmentant notre nombre de clients chaque année, on va y parvenir», a dit Mme Grenier qui occupe également un poste d'agronome au ministère de l'Agriculture.

(Crédit photo: Agence QMI)
Dans le village voisin à Saint-Édouard, Stéphanie Fortin et Louis Philippon se sont lancés dans l'élevage du boeuf Highland, une race écossaise caractérisée par ses longues cornes et son pelage qui cache les yeux. Ces animaux produisent une viande faible en gras. Ces bêtes sont très rares dans nos pâturages au Québec, car on compte à peine une trentaine de producteurs.
Mme Fortin et M. Philippon ont uni leurs efforts il y a huit ans pour démarrer un élevage très bien structuré. Leurs 160 bêtes gambadent toujours à l'extérieur et ne reçoivent aucune hormone de croissance. «Ça se fait de la façon la plus respectueuse pour nos animaux», a affirmé Louis.
Ils font abattre leurs bêtes et livrent la viande dans cinq boucheries de la région de Québec et dans des restaurants en plus de réaliser des ventes à la ferme. Ils sont à contre-courant d'autres producteurs de bovins de boucherie au Québec qui vendent leurs veaux dans les encans et qui sont par la suite engraissés dans une ferme spécialisée.
L'Union des producteurs agricoles avance qu'environ 200 000 personnes ont participé à la journée «Portes ouvertes» dans les 100 fermes participantes.
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