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Après une trentaine d'années d'existence, l'Hôtel de la Montagne a fermé ses portes dimanche. Employés et clients ont profité du week-end pour se saluer une dernière fois, souvent la larme à l'œil.
Depuis juin, le sort de l'institution du centre-ville de Montréal et de son pub Thursday's, plus âgé, était scellé. Ils seront détruits pour faire place à un nouveau complexe commercial et résidentiel.
«Le gros dommage de tout ça, c'est qu'il y a 300 employés qui perdent leur emploi. Ça ne va pas être facile pour personne, a affirmé à LCN Bernard Raguenau, propriétaire de l'hôtel. Ce sont des gens qui étaient très fidèles, qui ont 30, 40 ans de maison, qui sont là depuis le début. Ça, ce n'est pas négligeable.»
Même si un service de placement a été offert aux employés, plusieurs de ceux-ci ne savent pas encore ce que le futur leur réserve. «Ça fait 20 ans que je suis ici, a dit le concierge Alain Larouche. Et aujourd'hui (dimanche), c'est la dernière fois que je mets cet uniforme.»
L'émotion est palpable dans ses paroles. Pour lui, c'est une page d'histoire qui se tourne. «J'ai l'impression de perdre une partie de mon identité. Demain, c'est la première journée de ma nouvelle vie. Je pars à la recherche d'un nouvel emploi».
La directrice de l'hôtel, Tina Rodrigues, ne tenait pas en place, occupée à aller embrasser ses collègues qui passaient un après l'autre.
«Tous les employés ont fait des albums photo et se parlent sur Facebook», a-t-elle souligné, en retrouvant par hasard une plaque à son nom, qu'elle s'empresse de déposer dans un sac.
Le plus beau souvenir que Mme Rodrigues emporte avec elle, c'est une statue métallique de plusieurs dizaines de centimètres de haut. «J'ai demandé à mon patron si je pouvais la prendre, puisqu'elle se trouvait dans son bureau. Elle va me porter chance dans mon prochain emploi.»
Les clients ont profité eux aussi de cette dernière journée pour passer quelques heures ou même quelques minutes entre les murs de l'hôtel.
Wilfrid Caron et Lucienne Bouchard se sont fiancés ici, deux ans plus tôt. «Ça prend au cœur, a confié Mme Bouchard. C'est la dernière fois qu'on vient ici.»
Son conjoint a poursuivi. «Nous sommes venus dîner ici pour le plaisir, mais aussi pour les souvenirs. Tu ne peux pas en avoir de plus beaux.»
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