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Le révérend anglican Kenneth M. Near veut sortir Westmount de ses frontières en invitant sa communauté à dialoguer avec les autres groupes, notamment les francophones.
L'idée lui est venue à la suite de l'élection du Parti Québécois au début du mois, qui a fait ressurgir le thème des deux grandes solitudes.
«Cette élection a-t-elle créé un problème? Disons que nous avions une chambre en désordre et que plutôt que de régler le problème, nous avons décidé de refermer la porte, a-t-il illustré. Nous avions oublié cette pièce, mais durant l'élection, nous l'avons rouverte et avons été surpris de ce que nous avons trouvé.»
Il constate de plus que les événements qui secouent le Moyen-Orient ne sont qu'une autre facette des crises existentielles des différentes sociétés.
«La situation existe depuis la nuit des temps, a-t-il déploré. Nous vivons dans un monde où les stéréotypes nous envahissent, nous définissent.»
Ayant vécu et pratiqué des deux côtés de la frontière, le révérend Near estime que la tentation de jeter le blâme sur les autres est facile. «Quand on regarde les autres, il est facile de voir leurs problèmes, mais il est très difficile pour nous de regarder ceux qui nous sont propres», a-t-il dit.
C'est cette constatation qui l'amène à vouloir brasser un peu la cage de sa propre communauté, refermée sur elle-même selon lui. «Notre paroisse avait besoin d'être dirigée vers un nouveau dialogue, d'une ouverture», a-t-il affirmé. Il espère rejoindre les francophones, faire en sorte que d'un côté comme de l'autre, les gens se parlent.
L'attentat qui a coûté la vie d'un technicien alors que la nouvelle première ministre élue Pauline Marois faisait son discours de victoire a replongé pendant quelques jours le Québec dans une confrontation linguistique.
Arrêté rapidement par des policiers, le suspect Richard Henry Bain avait crié «les Anglais se réveillent». Même s'il semblait troublé, il a ravivé d'un seul coup les tensions identitaires au Québec, exacerbées par l'accession au pouvoir du PQ souverainiste.
Arrivé au Québec il y a trois ans, le révérend veut amener les gens qui fréquentent l'église anglicane St. Matthias de Westmount à sortir des sentiers battus qui les cantonnent trop souvent dans la dualité des deux solitudes. «Il faut apprendre l'art de l'appréciation subtile des différences.»
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