Saint-Philippe

La Ville encadre l'utilisation des canons

Première publication 19 septembre 2012 à 16h06
La Ville encadre l'utilisation des canons
Crédit photo : Agence QMI
Par David Penven | Agence QMI

La Ville de Saint-Philippe a élaboré une réglementation pour encadrer l'utilisation des canons effaroucheurs utilisés pour faire fuir les oiseaux dans les champs de maïs.

«Quatre-vingt-dix pour cent du territoire de Saint-Philippe est de type rural. On est assis sur une clôture où, d'une part, on retrouve un agriculteur qui se préoccupe d'optimiser ses investissements et, de l'autre, des citoyens qui veulent préserver leur quiétude, a déclaré en entrevue le directeur général de Saint-Philippe, Daniel Décary. Notre philosophie est de prôner le bon voisinage entre les agriculteurs et les citoyens. C'est ce principe qui guide nos actions.»

À l'été 2011, un agriculteur est entré en conflit avec ses voisins pour avoir fait grand usage des canons effaroucheurs dans son champ de maïs, nuisant ainsi à la quiétude du secteur. La Ville a été prise au dépourvu, d'après le directeur général, puisqu'aucun règlement concernant ce problème n'existait à ce moment.

Les deux parties - l'entreprise G. Denault et fils et la municipalité - ont participé à une démarche de médiation à la Commission des relations du travail du Québec devant le ministère de L'Agriculture de Québec. Quatre rencontres ont eu lieu entre décembre 2011 et juin 2012. Des représentants de l'Union des producteurs agricoles assistaient aux séances en tant qu'observateurs.

«Il ne peut y avoir de miracle. On a essayé de trouver la solution la plus acceptable pour aider M. Deneault tout en étant la moins dommageable pour les citoyens», a dit M. Décary.

Règlements

À l'issu de ces rencontres, Saint-Philippe a élaboré une réglementation sur l'emploi des canons effaroucheurs s'inspirant de celle édictée par le ministère de l'Agriculture de l'Ontario. L'emploi de canons y est plus généralisé dans cette province.

«Cette politique ontarienne, de 2010, a été renforcée par nous. Les distances prônées séparant les maisons des canons ont été augmentées. C'est le meilleur modèle que nous puissions avoir sous la main.»

À cette réglementation, qui pourra être ajustée, s'ajoute aussi une procédure que l'agriculteur doit respecter, dont celle d'obtenir un avis d'un agronome indépendant justifiant l'emploi des canons.

«Déjà cette année, il y a eu un impact majeur. L'agriculteur savait comment mieux employer son équipement. La période d'utilisation des canons a été réduite de moitié, soit plus ou moins deux semaines et demie. Ce n'est pas un cadeau de Noël, mais on n'est plus à 5000 coups par jour», a affirmé M. Décary.

Les canons de Saint-Philippe

Nadia Lévesque a vécu un été assourdissant l'an dernier. Un producteur de maïs sucré, G. Deneault et fils, a employé des canons effaroucheurs au propane pour faire fuir les oiseaux s'attaquant à ses récoltes.

Résultat selon la principale intéressée: quelque 5000 détonations par jour entre le 25 juillet et le 22 août 2011.

«Nous entendions six détonations à la minute qui se produisaient de 7h à 21h, et ce, sept jours semaine! Nous avons téléphoné à la police pour faire appliquer le règlement municipal sur les nuisances, a expliqué Mme Lévesque. L'agriculteur a contesté les nombreuses amendes qu'il avait reçues en Cour municipale où il a perdu sa cause le 16 juillet dernier (le producteur aurait décidé de ne pas contester la décision du juge).»

Cet été, l'agriculteur a eu de nouveau recours à ses canons. La fréquence des tirs était moindre cette fois.

«Mais cela ne tient pas compte de ses canons à Saint-Jacques-le-Mineur où il possède des terres et qu'on peut entendre», a ajouté cette dernière qui réside depuis une douzaine d'années sur le rang Saint-André.

En compagnie de résidants du secteur visé, celle-ci s'est rendue à l'hôtel de ville de Saint-Philippe, le 14 août, pour remettre une pétition signée par plus de 80% des résidants du rang demandant que cesse cette «pollution sonore» sur le territoire de Saint-Philippe.

Ce qui choque la résidante, c'est que le conseil municipal de Saint-Philippe a adopté à la même date une réglementation autorisant et encadrant l'utilisation des canons.

«La Ville était présente en Cour municipale défendant à nos côtés nos droits à la quiétude. Maintenant, elle change d'avis et permet à ce producteur de maïs d'utiliser des canons, et ce, malgré le fait que cette méthode est jugée inefficace par plusieurs spécialistes», a déclaré Nadia Lévesque.

 
 
 
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