
![]() |
Le problème des sols contaminés prend des proportions si importantes à Montréal qu'il ralentit le secteur immobilier, selon les experts.
«En ville, les commerces qui contaminent les sols, tels que les stations-services, sont souvent très bien localisés, et leur valeur est fonction de cette localisation. Ces terrains ont donc parfois une grande valeur marchande», a expliqué Unsal Ozdilek, professeur au Département de stratégie, responsabilité sociale et environnementale de l'UQAM.
Ce dernier note que ces terres, qui ont un important potentiel de revenu pour leur propriétaire, s'avèrent être déficitaires, car en cas de contamination, les rentes sont gelées.
«La valeur potentielle est là, et les commerces avoisinants ajoutent à cette valeur, mais puisqu'on ne peut pas développer sur un terrain contaminé, un propriétaire qui se trouve en sa possession n'en retire que très peu de profit», a souligné M. Ozdilek.
L'un des principaux problèmes identifiés par le professeur est le coût parfois élevé de la décontamination des sols. En effet, il n'est pas rare que le montant nécessaire pour remettre en état le terrain soit plus important que les revenus qu'il pourrait rapporter, ce qui refroidit les ardeurs de plusieurs propriétaires. Souvent, ceux-ci préfèrent attendre que la valeur de leur acquis augmente en faisant de la prospection plutôt que d'opter pour le développement.
M. Ozdilek consent que la responsabilité incombe aux propriétaires de faire décontaminer leurs sols. «Quelqu'un qui permet à une station-service de louer son terrain connaît les conséquences de cette décision et devrait inclure les frais de traitement de sols dans son budget», a-t-il affirmé.
Il a souligné que si les commerces bien localisés aux alentours des terrains contaminés augmentent leur valeur, les terrains qui ne sont pas développés font baisser la valeur de leur entourage, ce qui est désavantageux pour la Ville, puisqu'elle ne peut pas collecter d'impôts fonciers sur un terrain dont les rentes sont gelées, a rappelé le professeur.
«C'est de l'argent qui n'est pas réinvesti dans la communauté et dans l'amélioration du quartier», a affirmé M. Ozdilek.
L'un des moyens d'assurer que ces terrains ne posent plus un obstacle au développement qu'envisage l'universitaire serait de revoir la réglementation. « Il existe plusieurs sortes de contamination. Ce que produit une station-service ne se compare pas aux industries lourdes qui émettent des déchets extrêmement dangereux pour la santé publique », a soutenu Unsal Ozdilek.
Ce dernier croit qu'il faudrait faire la distinction entre les sols contaminés en milieu agricole et urbain.
«C'est normal de ne pas faire pousser du maïs à cet endroit, mais est-ce que la venue d'une boutique mettrait la santé publique en péril? Cela reste à voir», a-t-il signalé.
Une plus importante implication du gouvernement pourrait aussi aider plusieurs propriétaires, d'après le professeur.
L'élection récente du Parti québécois pourrait être la réponse tant attendue, puisque pendant la récente campagne électorale, les membres du PQ ont réitéré leur intention de remettre sur pied le programme Revi-Sols. Ce programme de réhabilitation de terrains contaminés avait été abandonné par les libéraux en 2005.
|
Enquête de TVA Nouvelles Les rues de Montréal se dégradent encore |
|
Règlement P-6 Une centaine de manifestants malgré le temps maussade |
|
Des élèves fouillés pour un cellulaire disparu «Un geste démesuré» selon la commission scolaire |
|
Politique à Laval Ça brasse au Nouveau parti des Lavallois |
|
Passages à niveau sur le Plateau Le Canadien Pacifique récalcitrant |
|
Eau non potable à Montréal Quels sont les risques? |