Taxe mafieuse à son parti

Tremblay s'en remet à la commission Charbonneau

Première publication 1 octobre 2012 à 12h02
Mise à jour : 1 octobre 2012 à 17h46
TVA Nouvelles

Gérald Tremblay s'en remet à la commission Charbonneau en ce qui a trait aux allégations de Lino Zambito qui affirme que dès 2005, 3% du montant des contrats de construction qui lui étaient octroyés par la Ville de Montréal étaient directement remis au parti politique du maire Union Montréal.

(TVA Nouvelles)

Gérald Tremblay dit avoir la conscience en paix et affirme qu'il ne démissionnera pas. «J'ai souhaité que toute la lumière soit faite sur les allégations de collusion et de corruption, je travaille très fort depuis mon élection pour que ça arrive. Il n'est pas question que je démissionne au moment même où ce que je souhaite depuis des années, se concrétise» a-t-il dit en après-midi.

«Le temps de l'aveuglement volontaire est révolu, le temps de la démission de Gérald Tremblay est arrivé.»

Gérald Tremblay s'est toutefois permis cette précision. «En ce qui concerne le financement de notre parti politique, le Directeur général des élections (DGE) a vérifié chaque année nos états financiers et n'a jamais porté de plainte de quelle que nature que ce soit» a-t-il soutenu.

En fin de journée, le DGE a mentionné à TVA Nouvelles que selon les documents remis par le vérificateur et le représentant officiel d'Union Montréal, tout était conforme et respectait la loi.

«M. Zambito commence à mettre au jour un stratagème sur le financement occulte. Nous sommes un auditeur intéressé, nous laissons la commission Charbonneau faire son travail, mais nous pourrons prendre le relais par la suite, parce que nous avons des moyens de poursuite pour faire respecter la loi sur le financement des partis politiques» a-t-il indiqué.

Réactions

Louise Harel est outrée par les allégations de Lino Zambito. «Le temps de l'innocence est révolu, le temps de l'aveuglement volontaire est révolu, le temps de la démission de Gérald Tremblay est arrivé. M. Tremblay a perdu déjà toute crédibilité pour gouverner avec les enquêtes qui se sont multipliées et maintenant il a perdu sa légitimité», a lancé la chef Vision Montréal.

Richard Bergeron, leader de la deuxième opposition à l'Hôtel de Ville, réclame aussi la démission immédiate du maire Tremblay.

«Oui c'est choquant, oui c'est insultant» a commenté le ministre des Affaires municipales Sylvain Gaudreault en réagissant aux propos de Lino Zambito devant la commission. «La commission va continuer de monter le casse-tête pour constituer le portrait de la situation. Une fois qu'on a dit ça, moi je suis en mode solutions,» a-t-il dit.

Milioto l'intermédiaire

Zambito a reconnu à la reprise de son témoignage à la commission Charbonneau ce matin avoir versé plusieurs millions de dollars par le biais d'une taxe mafieuse récoltée par Nicolo Milioto, l'intermédiaire entre la mafia, les entrepreneurs et la classe politique.

À compter de 2005, Milioto aurait confié à Zambito que le parti du maire Tremblay recevait d'importants versements illicites de la mafia. «M. Milioto, à qui je remettais le 3%, m'a informé que cette somme était versée au parti du maire Tremblay», a laissé tomber Zambito, exhalant une indifférence stoïque durant son témoignage.

Selon lui, ce 3% s'ajoute à la ristourne de 2,5 % qui devait aller à la mafia. Un tel stratagème était généralisé à tous les entrepreneurs, estime-t-il.

«Monsieur TPS»

Toujours selon Zambito, la fonction publique montréalaise était elle aussi gangrénée par les manœuvres de corruption. Il a raconté qu'un ingénieur influent de la Ville, Gilles Surprenant, exigeait des pots-de-vin aux entrepreneurs qui décrochaient des contrats publics.

Gilles Surprenant, qui s'était lui-même affublé du sobriquet «Monsieur TPS», percevait une somme équivalente à 1% de la valeur des contrats auprès des entrepreneurs .

Impliqué dans l'élaboration des plans de construction et des budgets, Surprenant avait donc avantage à voir les prix gonfler selon Zambito.

«Il y a des règles qui sont établies. Comme entrepreneur, vous avez toujours le choix de les suivre ou d'aller travailler ailleurs», a délaré Zambito.

En vidéo

 
 
 
Accueil | Actualité | International | Sport | Argent | Vidéo
Questions, réactions ou problèmes techniques ? Contactez-nous.