
Le comité exécutif de la Ville de Montréal a choisi mercredi de suspendre l'octroi de contrats en ce qui a trait aux travaux d'infrastructures non urgents sur tout son territoire.
Réagissant une fois de plus aux allégations faites par Lino Zambito à la commission Charbonneau, la Ville suspend ainsi «tout processus en vue d'accorder un contrat (...) pour des travaux d'infrastructure routière, d'aqueduc, et d'égout», peut-on lire dans le communiqué.
Ces contrats, que la Ville refuse de divulguer, sont estimés à un peu plus de 75 millions de dollars. La décision d'interrompre le processus d'attribution de ceux-ci «sera communiquée administrativement et politiquement à tous les arrondissements.»
Si des travaux urgents devaient être nécessaires, les contrats seraient attribués selon les normes qui prévalent actuellement à la Ville.
Cette décision du comité exécutif a notamment été motivée par l'intérêt du nouveau gouvernement provincial à modifier rapidement les paramètres de la loi 35, offrant aux municipalités une «souplesse administrative».
«Le ministre Lisée nous assure que le gouvernement du Québec modifiera la loi 35 d'ici Noël. Je crois que nous pouvons faire une pause dans nos travaux d'infrastructure d'ici là pour lui laisser le temps de nous fournir de meilleurs outils», a déclaré le maire Tremblay.
Mardi, l'administration municipale a dévoilé qu'une enquête interne avait été déclenchée à la Direction des infrastructures, et que trois fonctionnaires avaient été suspendus.
«C'est une sorte de volonté de rédemption, de se redonner une sorte de virginité, mais c'est quelque chose que l'on demande depuis des mois», a expliqué la chef de Vision Montréal, Louise Harel, en après-midi en commentant cet arrêt de processus.
«Aujourd'hui qu'il suspende les contrats, c'est une bonne chose, ça devait être fait, mais c'est vraiment tard» a commenté Richard Bergeron, de Projet Montréal.
«Enfin, le Maire entend raison, mais combien a coûté aux Montréalais l'attentisme chronique de Gérald Tremblay face à la collusion et à la corruption?» a demandé le chef de la deuxième opposition à Montréal.
Ce dernier trouve d'ailleurs surprenant que l'administration Tremblay utilise les allégations de Lino Zambito pour suspendre des employés municipaux et des contrats municipaux alors qu'elle nie toute allégation qui touche le parti du maire, Union Montréal. «Il est temps que la Sûreté du Québec enquête sur l'argent qu'Union Montréal a reçu de la part des entrepreneurs en construction depuis 2001», a conclu M. Bergeron.
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