
Le maire de Laval, Gilles Vaillancourt, a assuré vendredi qu'il ne démissionnera pas, en dépit des perquisitions de l'Unité permanente anticorruption (UPAC) dont il a fait l'objet.
«Dans un premier temps, je dois vous avouer que ce que je vis aujourd'hui est un choc, a-t-il précisé lors d'une courte conférence de presse qui n'a comporté aucune période de questions. C'était totalement imprévu et je peux vous affirmer que ce n'est pas une situation très plaisante. Néanmoins, j'ai décidé de m'adresser à vous et à la population, aujourd'hui, par souci de transparence, par devoir et pour vous faire part des réactions que cette situation suscite.»
Quelques heures plus tôt, son attachée de presse Johanne Bournival avait rapporté à quel point le maire était «surpris et atterré» de cette perquisition de l'UPAC. «Ce n'est pas quelque chose à laquelle le maire s'attendait, a dit Mme Bournival. On s'attendait davantage à une convocation à la commission Charbonneau.»
Le maire a offert toute sa collaboration à l'enquête menée actuellement sur son administration.
«Cependant je ne formulerai aucun commentaire sur les motifs et les éléments visés par l'enquête puisque je ne les connais pas», a-t-il précisé.
Disant assister à un déferlement d'affirmations, de rumeurs et de demandes, il entend bien rester en poste pour mettre fin à «ce qu'on entend en ondes».
«Je ne démissionnerai pas, a-t-il dit en détachant chaque syllabe, et ne commenterai pas les rumeurs et les autres commentaires. Je compte plutôt continuer à travailler pour répondre aux besoins de la population de Laval, comme je l'ai toujours fait depuis que j'ai l'honneur de siéger au conseil municipal.»
Jeudi après-midi, des équipes d'agents de la Sûreté du Québec (SQ) ont perquisitionné le domicile du maire ainsi que ses bureaux à l'hôtel de ville, dans le cadre d'une enquête criminelle majeure. Les perquisitions se sont terminées dans la nuit de jeudi à vendredi.
Selon des sources confidentielles qui se sont confiées à l'Agence QMI, les policiers enquêtent sur l'octroi de plusieurs contrats importants par la Ville de Laval.
Pour les deux partis d'opposition, cette mise au point du maire n'a rien d'étonnant. «Je ne suis aucunement surpris, a commenté Raynald Adams, candidat du Mouvement lavallois (ML).C'est ce que National (le cabinet de relations publiques) lui a dit de faire.»
Le parti ne souhaite pas pour autant la démission du maire. «Nous ce que l'on veut, pour le moment, c'est que la justice fasse son travail et puisse porter les accusations, s'il y a lieu. Par contre, a-t-il l'autorité morale pour continuer de gouverner? On peut se poser sérieusement la question», a-t-il conclu.
Le Parti au service du citoyen (PSC) est plus tranchant. Son chef, Robert Bordeleau, réclame le départ du maire Vaillancourt. «Il doit démissionner pour le bien de la démocratie et rendre des comptes à ses concitoyens», a-t-il affirmé.
Vaillancourt, qui occupe le poste de maire de Laval depuis 1989, a fait face depuis 2010 à de nombreuses allégations de fautes professionnelles et de méfaits.
Il a rejeté à maintes reprises les affirmations selon lesquelles il s'était livré à du favoritisme, du financement électoral illégal et des manœuvres frauduleuses.
En novembre 2010, l'ancien député péquiste Serge Ménard de même que le député libéral de Vimont, Vincent Auclair, ont affirmé que le maire Vaillancourt avait offert il y a plusieurs années de les aider lors de leurs campagnes électorales.
Il leur aurait remis à chacun d'entre eux une enveloppe contenant des milliers de dollars, un geste qui, à leurs yeux, était une violation de la loi québécoise sur le financement électoral.
Le maire Vaillancourt a vigoureusement nié leurs affirmations.
En 2011, l'Agence QMI a révélé que des entreprises personnellement choisies par le maire Vaillancourt pour gérer l'ancienne carrière municipale - le Carré Laval - auraient utilisé pour 5 millions $ de fausses factures - dont 1 million $ obtenus auprès d'un trafiquant de drogue qui était sous les verrous - afin de frauder le fisc, selon des allégations de Revenu Québec.
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Perquisition à Laval Gilles Vaillancourt «surpris et atterré» |
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Unité permanente anticorruption Perquisitions chez le maire de Laval |
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